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10/05/2010

Point barre

Ce qui est fascinant avec Alain Minc, c'est l'étendue vertigineuse (tant qu'éblouissante) des domaines dans lesquels le personnage peut étendre sa prodigieuse capacité d'analyse.

Capacité jamais zentamée par aucun "réflexes idéologiques primaires" comme ceux qu'il dénonce, à l'occasion de son passage dans "Parlons net", émission "orientée web" (?), sur "France Info", le vendredi 07 mai 2010.

Que nenni.

Ce n'est point par réflexe idéologique, donc, qu'Alain Minc explique à l'auditeur (béat devant pareil brillance d'esprit), que "Les marchés, c'est comme les lois de la pesanteur".

Que nenni nenni.

C'est pas d'l'idéologie, c'est de la physique, ma brave dame.

Implacable.

Au point que "Tous les grands pays du vieux monde, Etats-Unis compris, sont dans la même situation, c'est comme ça...Et nous vivrons avec ça pendant une bonne dizaine d'années". Aussi indéboulonnable qu'une équation de Newton qui vient de se prendre une pomme sur la tronche (qu'il avait plutôt bien faite, note bien) et qui braille qu' "Eurêka, j'ai tout capté les lois de la gravitation universelle" (ou quelque chose d'approchant).

Lois physiques qui, semble-t-il s'appliquent moins franchement sur le plan horizontal, et qui donc, n'empêche pas M. Minc de prendre "cette affaire grecque, avec un peu plus de distance", tout de même.

Et de nous expliquer que, d'abord, "La baisse de l'Euro est un accélérateur formidable de croissance".

Et que ces salauds d'anarchiss' grecs ne sont pas capable, eux; profitant d'une soi-disante situation "coton-coton" pour étendre sur le pays leurs tentacules zidéologiques; de se rendre compte que: "L'effet positif est supérieur à l'effet récessif lié à l'effondrement de la Grèce", tout bonnement.

C'est dire si le grec manque de recul, tout de même, que même c''tincroyab', cette petitesse d'esprit dont fait preuve le citoyen (parfois pas même anarchiss' mais manipulé tout de même par ceux-là) lorsqu'il s'angoisse au sujet de ses fins de mois, au (futil) motif qu'elles commenceraient le 5.

Alors qu'il suffit (qu'ils sont sots, décidément) de ne point se référer aux avis des "agences de notation, et [de] tous ceux qui prennent pour pensée révélée ce qu'écrivent ces braves garçons, dont le niveau économique est deuxième année, à peu près, de droit, ou de sciences-po" . Pour la simple et bonne raison qu'ils ommetraient (les cons) que "la Grèce, "c'est pas le Danemark". Ce qui, conviens-en, place le faible niveau des branleurs en question aux zhauteurs où les a décrite M. Minc, et que, donc, en Grèce "50% du PIB est au noir".

Et que, partant de là (a savoir que le grec est un salaud de fraudeur qui enchaîne, le fourbe, les black jobs, dont il planque la moitié des revenus à l'Etat, le salaud. Si c'est pas d'la graine d'anar, qu'est-ce que c'est, ma brave dame?): "Le fonctionnaire grec, qui travaillait jusqu'à 17h00, et qui à 17h30, était chauffeur de taxi, on lui réduit son salaire, en effet, du 13eme et du 14eme mois, et il va partir à 15h30 et il sera chauffeur de taxi à 16h, et en réalité, vous verrez que la société grecque, nonobstant le drame qu'y a eu, mais qu'est quand même, bon bah, un drame, mais bon, c'est pas une révolution, hein, y'a eu un drame, la société grecque va, à cause de l'économie noire, absorber ce choc".

Ce qui permet de conclure à Alain Minc, qui  ne confond pas, LUI, Grèce et Danemark, nan mais, ho, que "La situation grecque n'est pas ce qu'on en dit, indépendamment du fait, qu'elle est difficile".

Et c'est sans doute cette prise de recul, quelque peu violente, qui entraîne M. Minc un peu plus loin, dans son élan, lui permettant de révéler à l'auditeur toujours aussi béat, que tout va vachement mieux qu'on le dit, à l'instar de la situation grecque, puisque, si on s'interroge un peu plus sérieusement que le gauchiss' moyen, on peut constater que "Le monde a crû. LE MONDE. Faut peut-être parfois penser au monde, et pas seulement à soi! Le Monde a crû de 5% par an, c'est une croissance qu'on a a jamais connu dans l'Histoire, JAMAIS."

Ce qui méritait bien, entres autres dégâts collatéraux (relavant quasi du point de détail), reconnais le, à la fin, la mise en concurrence des salariés sur un plan mondial. Et donc l'exploitation des plus fragilisés d'entre eux (sur un plan anal?). Puisque, tu le saurais -si ta générosité allait jusqu'à eux- : " Les chinois et les indiens, ils se félicitent de ce que nous venons de vivre" (ces salauds!).

Succint résumé de mi-parcours (histoire d'y voir plus clair, malgré un farouche aveuglement idéologique qui dût nous empêcher de prendre du recul):

Les marchés, et tout le cortège de saloperies qu'ils peuvent engendrer, sur un plan social, notamment, "C'est comme les lois de la pesanteur". On y peut rien, "C'est comme ça". Et tous les mauvais esprits qui accuseraient (bêtement) les financiers type Madoff and Co. feraient bien mieux de s'en prendre à Newton et la nature.

Bon.

La crise grecque va se règler, d'toutes façons, parce que le grec est bosseur (y compris au black, ma brave dame!). Et c'est pas deux trois ahuris des agences de notation qui vont faire la Loi, d'abord.

Bien.

Le système ultra-libéral que tous les vilains gauchiss' s'évertuent à critiquer est parfait. La preuve, "Les chinois et les indiens, ils se félicitent de ce que nous venons de vivre." Même qu'il serait temps, gauchiste égoïste, de penser un peu au Monde! Et de ne plus t'aviser de ne serait-ce qu'émettre (sournoisement, comme à ton habitude) un doute quant au fait que le système en question répande le bonheur.

Point barre.

A l'inverse, il est un domaine où tu pourras succomber à tes travers nombrilistes, gauchiste de petite vue, celui du problème des retraites. Car ainsi, cédant à tes penchants auto-centrés, tu t'apercevras des bienfaits dudit système:

"On devrait le dire davantage, nous nous en tirons mieux que les autres européens, parce que les français font plus d'enfants, il ne faut jamais l'oublier, et que donc...même s'il faut bouger l'age légal de la retraite, ..., nous ne sommes pas menacés du 67 ans des allemands..."

Ce qui est quand même une putain de bonne nouvelle, dès lors qu'on n'oublie de penser qu'il faut "peut-être parfois penser au MONDE!", c'est vrai...

Ainsi que dans le mur dans lequel il va. Et aux gens qui sont "aux manettes" dont, plutôt que de douter de la sincérité de leur démarche, tu devrais leur "(...)savoir gré,...,de faire leur boulot, c'est à dire d'aborder le sujet". Quand bien même les façons dont ils proposent de le résoudre te paraîtraient être inéquitables, voire profondément injustes (ingrat!).

Ce qui est assez ahurissant dans la mesure où Pascal Lamy, à l'OMC, Jean-Claude Trichet, à la Banque Centrale Européenne et Dominique Strauss-Khan, au FMI sont des gens formidab', qui font partie d'institutions qui n'ont strictement rien à voir avec le bordel actuel, tant elles ne sont ABSOLUMENT pas des clés de voûte du système qui est en train de foutre le monde à genoux.

Limpide.

Nous l'avons dit plus haut, son effondrement est dû aux effets de la pesanteur. Merci de suivre. Et non à un quelconque asservissement de la réalité économique aux agences de notation et à leur estimations assassines.

Non.

Bien au contraire. "Etre attaché au triple A, c'est préserver des emplois" dit Alain Minc, dont le recul de vue lui permet d'éviter habilement, toutes les  (sournoises) attaques qui l'accuseraient de ne pas être à une contradiction près.

 

 

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Une dépendance du secteur de l'emploi aux agences de notation, (sans doute fiables, dans ce cas-là), qui justifie de défendre  (aveuglément) le système dont Alain Minc chante les louanges depuis les années 80, contre vents et marées (et contre vagues tsunamesques de chômage et reflux de la part des salaires dans l'océan ultra-libéral. Aussi, oui).

Plutôt qu'a l'instar des blogueurs gauchiss', qui manquant de recul, les sots, relaient la colère du peuple grec, des salariés français licenciés (quand leur entreprise font des bénéfices colossaux), ainsi que la surexploitation de la main d'oeuvre à bas coût des pays sous-développés et autre "effet positif supérieurs à l'effet récessif", brillamment mis en évidence par Alain Minc.

Ce qu'on lit sur le net, d'ailleurs, M. Minc le dit haut et fort: ""C'est une parcelle du monde réel, ce n'est pas LE MONDE."

Et il serait tout de même vraiment "Affreux, Sale, Bête et Méchant" d'en douter. VRAIMENT.

Puisque c'est le même qui écrit, dans la préface du "Dictionnaire politique d’Internet et du numérique" qu'il a signé que: "Ce dictionnaire est l’ultime démonstration que l’Internet n’est plus un simple segment de la réalité. Il est la réalité."

Ce qui place l'avis de M. Minc, en matière d'analyse de la réalité, au dessus de tous soupçons d'invalidité, tant cet homme est droit dans ses convictions, quels que soient le contexte ou les interlocuteurs.

D'autant qu'il le dit lui-même, et c'est son mot de la fin:

"Je suis moins couillon que vous le pensez!".

Point barre.

 

 

[Edit: Il peut être relativement amusant (voire goûtu) de rapprocher l'aveuglement "obstinatoire" d'un Alain Minc à celui d'un autre Alain. Madelin, celui-là, manifesté notamment lors de son passage à l'émission "Ce soir ou jamais", animée par Frédéric Taddéi.

Et de se souvenir, pour finir de rire, qu'Alain Minc se définissait, il y a peu, comme "le dernier marxiste français, à certains égards". Ce qui devrait plaire à Alain 2, ancien membre d'Occident, dont nombre de point de vue sont visiblement pourtant très proches de ceux d'Alain 1.]

Commentaires

>> Et de se souvenir, pour finir de rire, qu'Alain Minc se définissait, il y a peu, comme "le dernier marxiste français, à certains égards".

Ca me fait penser à ce paparazzi italien, Fabrizio Corona, que j'ai récemment vu dans un doc, et qui extorque de l'argent aux stars pour ne pas publier des photos compromettantes.
Celui-ci se qualifie de "Robin des bois des temps modernes: celui qui prend l'argent aux riches et le garde pour lui" (sic)...

Écrit par : HN | 10/05/2010

Le fait de se comparer à un "Robin des bois", lorsque l'on est paparazzi est assez drôle, en effet.

Quant à une espèce de conscience (politique ou même autre) chez ces fouilles-m...

Écrit par : AffreuxSale | 10/05/2010

Pourquoi donne-t-on la parole à des escrocs intellectuels de ce calibre ? Le système médiatique est un complice actif de la diffusion massive de la propagande libérale. Antidote du jour : l'économiste Frédéric Lordon, à lire chez Le monde diplo.

Écrit par : Olivier Bonnet | 12/05/2010

Merci pour l'info.
J'avais apprécié, à plusieurs reprises déjà, les interventions de Frédéric Lordon.

Notamment sur le site de "LatéléLibre.fr":
http://latelelibre.fr/index.php/tag/frederic-lordon/

'ffectivement, ça "contraste méchant" avec le discours propagandesque des chantres du système mourant!

Écrit par : AffreuxSale | 12/05/2010

Les commentaires sont fermés.

 
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