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24/03/2012

L'oeil du cyclone?

Oubliée, la Trouille qu'ils avaient, il y a quelques jours encore, concernant les motivations du "Monstre".
Bafouée, la Dignité qui leur a toujours été étrangère et qu'il osaient, soudainement, exiger de Tous.
Expulsée, à grands coups d'idéologies dans la gueule, la Prudence qu'ils nous demandaient d'adopter.

Le tueur était "un fou d'Allah".
Pas d'Adolf.

Pas cette fois.

Que l'inverse ait été envisagé, quasi-unanimement, par tant d'"observateurs", aux point de vues parfois (voire souvent) divergents, ne questionnera plus personne.

Que la question elle-meme ait pu être une réponse ne sera pas envisagé.

IL N'Y A JAMAIS EU DE QUESTION.

Alors même que, par prudents calculs, les desouches couinaient à longueur d'internet que "C'était l'oeuvre d'un FOU, PEUT-ETRE d'extrême-droite, certes, mais d'un FOU, AVANT TOUT", les mêmes répètent désormais en boucle que "l'islam, quand même, on sait bien où ça mène, hein. ON L'AVAIT DIT!... D'ailleurs, on le dit tout le temps..."

Le débat, quant au climat raciste dans lequel la France sombre indéfiniment, depuis des années, s'éloigne aussi vite qu'une dépêche AFP chasse l'autre...
Que ce climat puisse finir par déclencher de véritables tempêtes n'inquiète plus personne, puisqu'on sent bien, d'ailleurs ils l'ont dit à la télé, que le vent vient d'en face.
 
Il suffit de lui tourner le dos pour s'en protéger. Ou de se barricader chez soi.
Paraît que ça va souffler fort, ils l'ont dit aussi dans le poste...

Que cette haine montante, éprouvée par une partie de la population, et hissée au plus haut de l'Etat , par ses responsables mêmes, légitimes représentants de la population votante, ait seulement pu être à l'origine de crimes racistes n'est plus la PEUR du jour.

On a retrouvé la PEUR de TOUS les (autres) jours.
L'Ennemi est bel et bien celui qu'on désigne depuis tant de temps. Constance et répétition finissant par être perçues comme vérité, qui, par essence, ne laisse place à aucune question. 

Ni celles que l'on pourrait se poser quant aux divers visages de l'intégrisme religieux.
Ni celles qui pourraient surgir à la vue de ceux, variés également, du racisme et de l'antisémitisme.

 

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Si ce n'était si dramatique, et si l'on était pas au bord de l'abîme, aussi proche de basculer qu'on ne l'a jamais été, il serait sans doute particulièrement drôle de constater que le racisme puisse avoir autant de visages...
 
Mais il devient de plus en plus difficile ne serait-ce que de sourire.
Et si "l'humour est la politesse du désespoir", on va tellement nous désespérer dans les mois qui viennent, qu'il va falloir se convaincre d'hurler de rire chaque jour un peu plus, afin de ne point les envoyer se faire tous enculer.
Ce qui n'est pas poli dutoudutou, il faut en convenir, mais peut être, effectivement, la marque d'un profond désespoir, dans le cas présent...

D'une indomptable colère devant le constat flagrant que le Pouvoir, celui qui parlait de décence il y a encore quelques jours, n'hésitera pas à manier à nouveau, les plus dégueulasses des amalgames, les plus abjects des raccourcis, sur un chemin qui ne tolère aucune halte pour s'interroger sur le fait que le monstre ait pu être un fou raciste.

Que le prochain le sera peut-être.
Ce n'est pas UTILE à ceux là même qui n'hésitent pas à prendre ces risques, la marche au pas cadencé qu'ils nous imposent ne souffrant aucune baisse de régime.

Ils ne s'interrogeront pas sur ces fous, de Dieu ou de Guerre, qui ont tant de points communs, finalement.
Qui sont les produits, en dehors de leurs différences purement formelles, de causes qui sont identiques.

L'intégrisme religieux et le racisme véhiculent des idées qui, au bout du bout, aboutissent à détruire celui qui ne pense pas de la même manière que soi. Il est désespérément drôle de constater que, bien souvent, celui qu'on hait le plus est curieusement très semblable à soi, au moins dans la force de sa haine.

Convenir de l'existence de ces troublantes similitudes serait admettre que l'on est perdants dans les deux cas, que Mohamed ait été un fanatique religieux flinguant de sang froid, ou un néo-nazi délirant défouraillant a tout va.

Que cet humain devenu monstrueux, au nom d'un intégrisme religieux, sera encore parmi "Nous", fanatique d'une doctrine nazillone dans le fond identique, une fois le sanguinaire intégriste expulsé ou éliminé à coup de rétablissement de la peine de mort, au nom d'une "Justice faite... Et bien faite."

L'effet rigoureusement inverse de ce que l'on recherche lorsque l'on embrasse ces thèses là.
Qui revient à fuir une peur en se jettant dans les bras d'une autre, en somme.

Qui va les ouvrir grands, très grands dans les mois à venir...

19/03/2012

Liberté surveillée

La Droite Extrême qui nous gouverne (dans un grand hochement de menton, accompagné de son claquement de bottes idoine) peut s'enorgueillir d'un succès incontestable:

La parole a été libérée.

Et avec elle, bien PLUS encore.

Ce qui était fatalement, tant que totalement, inéluctab' à bien y regarder quand même (et en arrière, surtout).

Il y a désormais, en cette belle France qu'on finirait presque par avoir envie de quitter, des tables auxquelles on ne peut plus s'asseoir qu'à condition « d'être de la bonne couleur ».

Les Blancs avec les Blancs, les Noirs avec les Noirs...

 

FontHaine.jpg

 

Comme un lugubre écho à cet article de Rue89 (et aux diverses images qu'il peut évoquer), un ami me faisait part, il y a peu, qu'un prof de sa connaissance, s'était fait insulter pour s'être assis à « la mauvaise table », lui aussi.

D'origine maghrébine, le prof en question avait commis l'erreur de s'asseoir à la table de ses élèves dits « de souche », au lieu-dit « La cantine ». Laquelle erreur était immédiatement et subtilement soulignée, dans ce style propre à tous racistes, de quelques origines qu'ils soient:

« Tu bouffes avec ces chiens de français???!!!»

Les Arabes avec les Arabes, les Français avec les Français...

On notera (pour rire, un peu et tant bien que mal, parce qu'au moins ça évite un temps d'en vomir des paquets de rage impuissante) que ladite subtile remarque lui était adressée par une élève d'origine maghrébine, sans doute  bien française elle aussi, quoi qu'elle en pense.

Ce qui permet (second rire amer) de rapprocher le niveau intellectuel de la demoiselle en question de celui de nos « racistes bien d' chez nous ».

Ceux qui mangent à la table des Blancs.

Qui continuent d'ignorer -et ce n'est pas chose aisée tant est conséquent l'amas de preuves inverses- que les vagues d'immigration successives qui ont construit le Peuple français, ont sûrement vachement nuit à leur pureté ethnique fantasmée.

(Et qu'il va falloir prévoir un budget maousse pour racheter des tables, si l'on continue à vouloir faire manger ensemble les « Que pareils », accessoirement).

Ignorance commune donc, qui leur permet les uns et les autres, de se vomir leur haine, les uns sur les autres, et vice-versa.

(Dans le fond, les racistes sont, du point de vue de la bêtise idéologique qui les anime, extrêmement proches... Réflexion qu'il conviendra de formuler doucement, en détachant bien chaque mot, si toutefois vous tentez d'entamer le dialogue avec l'un d'entre eux. Ne riez plus, à ce moment là).

Une parole libérée, donc, qui a entraîné dans son profond sillage, des actes.

De ceux du quotidien.

Comme manger ensemble. Ou plus. Du tout.

Et, peut-être d'autres, moins quotidiens, heureusement, puisque constitués des pires atrocités.

Comme celles qui consisteraient à tuer froidement un gamin parce qu'il est juif. Ou encore à abattre un homme parce qu'il est d'origine maghrébine.

Une parole libérée qui fait que les atrocités en question, même si celles-ci ne s'avéreraient avoir aucun rapport avec un acte raciste, pourraient y être étroitement liées.

Au point que l'on l'envisage sérieusement cette hypothèse.

Une parole libérée, contre laquelle toute critique est irrecevable, puisque s'y opposant, c'est la Liberté qu'on veut tuer, selon ses adeptes.

Une parole libérée alors qu'elle est peut-être coupable, dans le fond.

Peut-être coupable de pousser certains jeunes français à ne plus manger avec d'autres jeunes français, parce qu'on leur répète à tous et à l'envie, qu'ils sont « d'autres » avant d'être français.

Peut-être coupable du fait que certains Français ne défendent plus certains autres Français, parce que la liberté d'expression des uns serait devenue subitement supérieure, à leurs yeux, aux droits fondamentaux des autres (dont ils oublient qu'ils s'appliquent à eux d'ailleurs, également...)

Visiblement coupable, aux yeux de beaucoup, quoi qu'il en soit, de rendre pensable qu'on puisse encore tuer « pour des questions d'origine ou de religion », au XXIème siècle, en France.

Une bien effroyable liberté que celle soi-disant portée par cette "parole".

Qui, qu'elle s'avère coupable ou non d'avoir poussé un fou à tuer ses semblables et à dévaster la vie de leurs familles, à tout l'air de pouvoir en être à l'origine.

Ce qui est en soi amplement suffisant pour qu'elle soit condamnée.

Définitivement.

 
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