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08/06/2013

Pour en finir avec certains arguments "chouardistes"

 

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Ceci figure une tempête.

 

La polémique autour des "méthodes" d'Etienne Chouard connaît, depuis quelques temps, un "regain de vitalité".

Nombre de blogueurs, intrigués par ces fameuses "méthodes", qui consistent - entres autres - à emprunter de bien boueux chemins pour épandre Sa Sainte Parole, ont fini par s'emparer du sujet.

La "frange antifa" de ces derniers; qui s'intéresse au sujet depuis ses prémisces; connaît d'indéniables errements, il faut bien le reconnaître. Certains de ces membres associent désormais à l'extrême-droite nombre de personnalités et/ou de médias, pourtant au-dessus de tous soupçons, à cet égard.

Si l'on doit effectivement admettre que ceux-ci finissent par voir des fascistes (au sens large du terme) absolument partout; voire particulièrement où il n'y en a point; les errements du "camp chouardiste" sont tout aussi inquiétants.

Chacune des deux "factions" a; dans cette forme de bataille rangée qui caractérise désormais quasi-tout débat politique sur le Ternet; fini par sombrer dans un espèce de délire paranoïaque, résumable fissa à ça:

"Si tu n'es pas d'accord avec moi, c'est que tu es un crypto-fasciste adepte de la résurgence nazillarde masquée par ton apparent gauchisme stratégiquement feint", (version antifa puristamor),

à opposer à:

"Si tu n'es pas d'accord avec moi, c'est que tu es un agent de l'Empire de la CIA du Système de la conspiration des Puissants qui contrôlent le Monde dans l'ombre", (version "chouardiste" convictionellement inébranlable).

...

Ami lecteur, tu l'as bien compris, je ne me sens appartenir à aucun de ces deux camps...

Pourtant, certains des arguments employés par le camp des "chouardistes", sans cesse les mêmes et, surtout, hors du véritable débat, finissent par être presque plus pénibles que le délire d'une infime partie de leurs ennemis antifas, parmi les plus égarés:

Argument récurrent n°1:

"Etienne Chouard place la Liberté d'expression au-dessus de toute autre valeur. Ceux qui critiquent ou questionnent l'action politique d'Etienne Chouard, en sont donc les ENNEMIS!"

Soyons sérieux une seconde...:

Personne n'interdit à Etienne Chouard et/ou aux "chouardistes" de s'exprimer. Il suffit, pour preuve de cet état de fait, de constater à quel point les soi-disant baillonés jouissent dudit droit, à longueur de Ternet.

Et critiquer l'action politique du personnage en question n'est, finalement, qu'exercer cette Liberté. Qu'on peut, d'ailleurs, ce faisant, éventuellement placer au-dessus de toutes autres, comme Lui...

Argument récurrent n°2:

"Etienne Chouard débat avec tout le monde, Lui. Ceux qui critiquent ou questionnent l'action politique d'Etienne Chouard sont d'abominables idéologues intégristes, dépourvus de la moindre ouverture d'esprit!"

Soyons sérieux deux secondes (juste, pas plus...):

On ne débat pas avec l'extrême-droite, quand bien même elle aurait une apparente bonne idée. L'extrême-droite, on la combat. Pour l'entièreté du reste de ses "idées", précisément.

Et critiquer la curieuse propension d'Etienne Chouard à s'appuyer, si régulièrement, sur les écrits et propos de l'extrême-droite demande d'ailleurs, JUSTEMENT, une certaine ouverture d'esprit:

Il en faut - tout de même plus d'une infime part, carrément- pour se fader les multiples vidéos, interviews, écrits et autres morceaux de propagande, de ladite faction politique, choisis régulièrement par Etienne Chouard, au nom de cette fameuse ouverture d'esprit, au si large dos...

De même qu'il en faut des tonnes de putains de caisses pour tenter de continuer de débattre, lorsque les arguments opposés sont de cet acabit.

Plus généralement, si exprimer son désaccord avec quelqu'un fait, SYSTEMATIQUEMENT, de celui qui agit ainsi, un effroyable coincé du bulbe, alors autant armer tout le monde tout de suite. Et ainsi faire l'économie de longs débats totalement, et définitivement, stériles.

User d'un tel argument est, enfin,  assez paradoxal - notons le au passage - pour d'ardents défenseurs de cette fameuse ouverture d'esprit...

Argument récurrent n°3:

"Etienne Chouard fait preuve de discernement, dont est capable tout un chacun, d'ailleurs. Si l'extrême-droite a une bonne analyse sur un point, il ne faut pas hésiter à l'écouter, voire à relayer son discours, sur ce point précis. Cela ne fait pas d'Etienne et de ses défenseurs d'épouvantables nostalgiques du IIIème reich! Ceux qui critiquent ou questionnent l'action politique d'Etienne Chouard sont d'abominables adeptes de l'entre-soi, dépourvus de la moindre capacité de discernement!"


Soyons sérieux trois secondes (c'est pas facile-facile, certes, mais il le faut...):

Prétendre défendre une liberté absolue et s'associer, dans ce but précis, aux pires salopards, nés des plus sinistres courants politiques, dont le but premier est de lui écraser la gueule à grand coups de bottes -à la Liberté- ne relève pas d'un quelconque "discernement".

Cela relève, au mieux, d'une certaine naïveté, et au pire, d'une flagrante incohérence...

Toutefois, être en désaccord avec les défenseurs d'Etienne Chouard ne signifie pas, nécessairement, penser que ces derniers sont d'affreux néo-nazis. On peut aussi, simplement, être fasciné par ce périlleux exercice de contorsion intellectuelle. Déjà.

Les "chouardistes" qui en appellent régulièrement à ce fameux "discernement", dont tout un chacun serait capable, selon eux, douteraient justement, que leurs "opposants" n'en soient dotés?

Etrange. Pour le moins.

Argument récurrent n°4:

"Etienne Chouard est attaqué sur sa personne même, sur ces fréquentations, plutôt que sur ces idées. Ceux qui critiquent ou questionnent l'action politique d'Etienne Chouard sont d'affreux agents du système, dont on n'est pas sûr que certains-ne-seraient-pas-carrément financés-par-d'obscurs-fonds-délivrés-par-d'opaques-organismes-experts-en-matière de-caisses-noires-de-ce-genre, qui ont bien compris qu'Etienne menace leur Pouvoir!"

Soyons sérieux quatre secondes (c'est plus long que les autres fois, oui, mais l'argument avancé mérite minimum ça, tellement il est énorme...):

Je n'ai que foutre d'Etienne Chouard en tant que personne, pour la simple et bonne raison que je ne le connais pas. L'inverse ne changerait pas bézef' non plus, notez bien, puisque c'est bel et bien la forme qu'il a choisi de donner à son action politique que je combats.

Ce qu'Etienne Chouard fait du reste de sa vie m'importe autant que celle de mes voisins.

Il est TOUT A FAIT tant qu'IRREMEDIABLEMENT POSSIBLE, par ailleurs, de questionner l'action politique d'Etienne Chouard, et les formes qu'il a décidé de lui donner, et d'être, dans le même temps, profondément anti-capitaliste!

Quant au fait d'être convaincu que les Puissants de ce Monde se sentent menacés par les thèses d'Etienne Chouard, et qu'ils puissent financer une "contre-attaque idéologique" à ce sujet, il constitue, sans doute, le premier pas vers l'idolâtrie et ses dérives.

Et l'on peut affirmer cela, tout en ne doutant aucunement qu'il existe, effectivement, certaines initiatives de ce genre, à d'autres sujets...

Argument récurrent n°5:

"Ceux qui critiquent ou questionnent l'action politique d'Etienne Chouard, en se présentant comme antifascistes, sont en fait les véritables fascistes, dont l'intolérance confine au racisme!"


Soyons sérieux cinq secondes (après c'est fini, et pour le coup, c'est même beaucoup trop, vu le ridicule de ce cinquième argument...):

Employé par Etienne Chouard lui-même, à plusieurs reprises, cet argument-ci est sans doute le plus aberrant, particulièrement dans le parallèle qu'il établit avec le racisme. Ou alors Etienne Chouard est une origine ethnique à lui tout seul.

Ce qui paraît peu probable, à bien y réfléchir.

Une seule chose est certaine, finalement, dans ce non-débat tempêtueux dans un verre d'eau, ce n'est pas avec pareils arguments que:

1. Les détracteurs de Chouard seront convaincus de leurs éventuelles erreurs d'analyse quant à l'action politique du bonhomme;

2. L'on finira, effectivement, par débattre des hypothétiques bonnes idées du bonhomme.

Sur ce dernier point, il est quelques questions dont je sais - pour les avoir souvent posées - qu'elles restent en suspend:

Pourquoi Etienne Chouard, alors même qu’il sait son “combat” menacé par les polémiques qui en naissent immanquablement, continue-t-il de citer régulièrement les propos de “figures” de l’Extrême-droite (Philippe Landeux étant l’un des derniers exemples en date)?

Pourquoi, alors même qu’il est persuadé d’avoir trouvé “la Cause des causes” et donc peut-être la Solution des solutions, prend-il le risque de voir son propos parasité par des polémiques annexes, qu'il serait si faciles d'éviter, en cessant d'abondamment citer les pires figures de l'extrême-droite française (mais pas que)?

 

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Ceci est un verre d'eau.

14/10/2011

"Ouvrir son esprit" n'est point "Vendre son âme". Faudrait voir à pas tout mélanger. Quand même.

 

Il n'est pas chose aisée, pour un étriqué fasciste de la bien-pensance, de saisir dans son entière entièreté, l'impérieuse nécessité d' "ouvrir son esprit", s'il veut; SERIEUSEMENT; qu'advienne; ENFIN; une PLEINE et REELLE Démocratie.

Celle avec un grand "D" et du poil autour.

Fort heureusement, quelques Hommes, des vrais (avec des poils, aussi, et habitués à l'honorer, la Démocratie, alors que t'avais encore des posters du Che dans ta chambre, petit con) sont là pour guider ces droitdel'hommiste égarés sur les tortueux chemins du gauchisme boboïde.

Dieu sait que, pourtant, la tâche est ingrate. Ô combien, même.

Ainsi en-est il d'Etienne Chouard, à qui l'on attribue, injustement, de sombres desseins fascistes.

Alors qu'il n'est nationaliste, finalement, que par obligation de lutter contre l'ultra-libéralisme (sioniste, 'videmment).

 

NationalComingOut.jpg

 

Position courageuse, et même, allez, HEROIQUE, tant la bien-pensance est répandue de nos jours.  Dieu que ce saint Homme doit souffrir, bâillonné qu'il est, à l'instar de tous ses compagnons de combat...

Un sain(t) point de vue qu'il défend jusque sur sa page Facebook, où les gauchiss', encore totalement pétris de leur pavlovienne méfiance anti-natios, viennent le sommer de s'expliquer sur ce point.

Le fascisme intellectuel de ces gens-là n'a pas de limites, assurément.

Au point que ceux-ci continuent de voir dans l' "ouverture d'esprit" d'Etienne Chouard, qui le pousse; par ABSOLUE NECESSITE dans sa quête de l'immaculé esprit démocratique, tant que par une inébranlable HONNETETE INTELLECTUELLE, inscrite dans une démarche totalement apartisane; à mettre en ligne, sur cette même page Facebook, une vidéo de Nigel Farage, co-président du groupe Europe Libertés Démocratie, au sein du parlement européen.

Formation comptant dans ses rangs, mais ce n'est qu'un point de détail, La Ligue du Nord.

 

FarageEldLigueDuNord.jpg

 

Une exigeante quête de la Vraie Véritable Démocratie qui le pousse, également, à défendre la croisade entreprise par Robert Ménard, autre héraut de la liberté d'expression, laquelle le pousse, lui (avec la nausée, 'videmment, hein) à participer à de répugnantes festivités néo-nazies.

 

 

 

MenardCeHeros.jpg

 

Nul doute que les gauchiss', incorrigiblement étroits dans leurs têtes, verront dans le fait de citer Noam Chomsky, une habile déformation de "l'affaire Faurisson", dans laquelle l'intellectuel américain fût déjà "utilisé" et ses propos déjà "détournés" de leur sens et buts initiaux.

Le fascisme intellectuel de ces gens-là n'a pas de limites, définitivement.

Au point que ceux-ci n'hésiteront pas à voir dans la collaboration d'Etienne Chouard à la rédaction du manifeste de "La Dissidence", une preuve flagrante que son "ouverture d'esprit", inlassablement proclamée, n'est pas que le fruit d'une insatiable curiosité intellectuelle, mais bel et bien celui d'une volonté d'aider activement une organisation politique tentant de remettre le national-socialisme au goût du jour.

 

ChouardCollaborationDissidente.jpg

 

Le gauchiss' est ainsi.

Frileux à l'idée d' "ouvrir son esprit", de peur de perdre son âme, par la même occasion.

Force est de constater qu'il ne l'a pas aussi grande qu'Etienne, doit-on reconnaître cependant. Et qu'il n'est pas donné à tout le monde d'avoir d'aussi fréquents rapports avec l'extrême-droite sans adhérer à ses idées.

Il faut, pour ceci, être doué d'une infinie conscience de l'absolue nécessité de la liberté d'expression, seule garante de la Réelle Démocratie qu'est Vraie.

Quitte à fricoter régulièrement avec ceux qui ont en sainte horreur et l'une, et l'autre, malgré une rhétorique très élaborée, assurant le contraire...

 

 

 

 

19/09/2011

Un homme à la mer?

 

Les nombreux liens et références utilisés par Etienne Chouard, figure notoire de la lutte anti-TCE en 2005, créent dernièrement un malaise certain chez nombre de ses anciens (zénouvo) "fans".

Malaise d'autant plus vif que ce dernier s'engage depuis peu auprès des Indignés, constitués -pour le moment encore- de militants (ou "citoyens" comme ils préfèrent souvent se dénommer eux-mêmes) plutôt diamétralement opposés, sur l'échiquier politique, à ceux d'extrême-droite.

Il est vrai que ses références, nombreuses et fréquentes; tant que volontiers élogieuses; à Alain Soral, François Asselineau, Jacques Cheminade et/ou aux sites tels que "Le Réseau Voltaire", "Le Grand Soir",  "Mondialisation.ca", "Enquête & Débat", et autres "Oulala.net", ont de quoi laissé un fort doute quant à son adhésion aux thèses qui sont défendues par les tristes personnages sus-mentionnés et/ou sur les sites en question.

Malaise qui n'a pas tardé à se répandre sur "la toile", en ces temps où les frontières extrême-gauche/extrême droite semblent de plus en plus perméables. Et ce, pour diverses raisons. Dont certaines ont déjà été évoquées ici notamment, dans le document relayé par le (court) billet de ce matin.

Point besoin d'y revenir, donc (ou alors une autre fois. On va pas tout mélanger, non p'u, merci).

Il peut être intéressant, en revanche, de s'attarder sur les deux billets rédigés par Etienne Chouard, en réponse à ce mini-buzz ternetesque, en ce qu'ils peuvent constituer un début de réponse à la véritable question que pose ledit mini-buzz:

Etienne Chouard adhère-t-il aux idées prônées par les divers mouvements d'extrême-droite qu'il cite OU est-il victime de ce qu'il présente comme une innocente (et plutôt Xtra-large) ouverture d'esprit?

Le premier de ses deux billets démarre plutôt maladroitement.

D'une maladresse dont on peut raisonnablement se demander, aux vues des capacités intellectuelles supposées de l'auteur, si elle n'est pas habilement feinte.

Ainsi Etienne Chouard se lance-t-il dans une tentative de définition de l'extrême-droite.

Qu'il base essentiellement sur le sens initial; à proprement parler basique;  de ce terme qui désigne une famille politique dont il ne peut ignorer qu'elle n'a cessé d'évoluer, de tous temps.

Et dont il sait à l'évidence; puisqu'il l'écrit lui-même; qu'il est rigoureusement impossible de la décrire "en deux mots".

Malgré cette indéniable impossibilité, Etienne Chouard avance un premier argument:

"(...) le projet d'extrême droite est un projet de domination d'une bande de riches privilégiés, au moyen d'un chef unique pas ou peu contrôlé par "son" peuple : l'extrême droite veut un homme fort, un leader maximo, un duce, un führer, un roi, un dieu."

Face à cette première affirmation, on est en droit de se demander si l'auteur de ces lignes a bien écouté et regardé les vidéos d'Alain Soral, par exemple, qu'il relaie fréquemment.

Le personnage en question, sous des discours aux accents faussement "gauchistes", présente tous les symptômes d'une mégalomanie difficilement maîtrisée. Ce qui le fait totalement correspondre avec le portrait du "dieu" brossé par Etienne Chouard, et que l'extrême-droite appelle, effectivement, de tous ses voeux.

Et si le "mouvement soralien" combat, en apparence, l'autre caractéristique de l'extrême-droite dépeinte par l'auteur, à savoir le "(...)projet de domination d'une bande de riches privilégiés", c'est, justement, parce que celui-ci emprunte sa stratégie d'accession au Pouvoir à l'une des nombreuses variantes des mouvements d'extrême-droite: Le National-socialisme, en l'occurrence.

Auquel Soral et ses disciples ont apporté quelques "touches personnelles", évidemment.

Qu' Etienne Chouard soit dupe de "l'apparent gauchisme" d'un mouvement tel qu'"Egalité & Réconciliation" est pour le moins hallucinant.

Sinon fortement suspect.

Et si M. Chouard est réellement convaincu qu'il faut "(...) mettre tous les aspirants chefs sous le contrôle quotidien de ceux qu'ils prétendent dominer", alors ce dernier se trompe lourdement quant au choix de ses "amis". Invitons-le à visionner de nouveau les vidéos qu'il met en ligne sur nombre de ses interventions. Invitons-le à se pencher, vraiment, sur les liens existants entre "Egalité & Réconciliation" et le FN. Et sur les personnages gravitant autour de l' "UPR", parti de François Asselineau, dont il semble apprécier moultes idées.

Quant aux revendications nationalistes, pour ne pas dire xénophobes, des mouvements en question, celui-ci devrait s'interroger sur leur compatbilité avec les idéaux qu'il dit défendre.

Il semble y avoir là quelques incohérences manifestes, indignes d'un défenseur d'une "société radicalement démocratique".

La dernière partie de la réponse d'Etienne Chouard s'appuie sur le fait qu'on l'accuse d'être "anti-PS"; par le simple fait de minorer l'importance des revendications du parti en question; et donc d'être un "fasciste".

Nous serons d'accord avec lui sur ce point. Il ne suffit pas d'éxécrer le PS pour être fasciste. Il s'agit là d'un argument au moins aussi faible que ceux qu'il avance afin de démontrer sa non-appartenance à une certaine extrême-droite, convenons-en.

Pour autant, il écrit à cette occasion certaines "choses" particulièrement troublantes, tant dans le fond, que dans la forme:

"- je ne suis pas raciste et je pense que le racisme LA PLUPART DU TEMPS est une erreur, une peur mal fondée, une opinion politique qui peut être changée par un débat respectueux et approfondi — alors que cette pensée politique (raciste) s'endurcit quand elle est sottement caricaturée et criminalisée par des Torquemada arborant frauduleusement l'étendard "antiraciste"

Il y aurait un "bon racisme" et un "mauvais racisme". La "pensée politique (raciste)", basée sur les pires inepties et les plus infondées des considérations, ne doit pas être caricaturée ("sottement"), au risque de la renforcer: ceux qui combattent le racisme le nourrissent, "inversisme" caractéristique du discours extrême-droitier. Premier point... Etonnant.

La sémantique elle-même, utilisée par M. Chouard, rappelle par ailleurs, celle que l'on trouve quotidiennement dans les commentaires des sites tels que "Fdesouche", pour ne citer que celui-ci. "Torquemada", notamment, est une des insultes favorites de ses commentateurs, notamment. Lorsque l'on cherche à prouver que l'on n'adhère pas aux idées défendues par lesdits sites, il apparaît bien curieux d'en utiliser le vocabulaire. Second point... Troublant.

Etienne Chouard clotûre d'ailleurs son premier billet en entonnant une rengaine bien connue de ceux qui scrutent les sites d'extrême-droite:

"On" cherche à le faire taire, ceux qui l'accusent de fascisme sont eux-mêmes des fascistes:

"(...) il s'agit de salir, par la vieille technique de la calomnie, ceux qui résistent aux projets de domination du moment. La liberté de penser sur les attentats du 11 septembre est un marqueur très intéressant, et je commence à identifier ceux qui traitent les autres de "conspirationnistes" comme des COMPLICES objectifs du système en formation.

Ce qui devrait conduire à se poser cette question : les auteurs de telles calomnies sont-ils bien "de gauche" ? Ou ne sont-ils, pas précisément, des faux-nez des privilégiés s'affublant de l'étiquette frauduleuse "antifasciste" ?"

Ne manque que l'emploi des mots "agents de l'Empire" ou autres locutions Dieudonniaises, et la "panoplie" serait complète.

Curieuse démonstration, décidément, pétrie de troublantes similitudes langagières et d'assez grossières définitions parcellaires...

Le titre même du second billet d'Etienne Chouard, relatif aux accusations qu'il entend combattre, "Le fascisme n'est pas assimilable à l'antisémitisme", provoque également un indéniable malaise.

"Et alors?" a-t-on spontanément envie de répondre.

L'un est-il plus condamnable que l'autre?

Et à l'inverse, l'une de ces saloperies serait-elle plus acceptable que celle à laquelle l'oppose M. Chouard?

Il convient toutefois, pour tenter de saisir sa pensée, d'aller plus loin dans la lecture dudit billet.

L'auteur s'y lance, en premier lieu, dans une longue démonstration visant à prouver que les "antiracistes" ainsi que les "antifascistes" sont, dans le fond, aussi condamnables que les racistes et les antisémites qu'ils combattent:

"Un mot d'abord de l'antisémitisme. À mon sens, l'antisémitisme est, comme le racisme — mais aussi comme l'antiracisme, ou même l'antifascisme, je m'en aperçois aujourd'hui à l'occasion de cette calomnie —, UNE ERREUR DE JUGEMENT QUI CONSISTE À TOUT MÉLANGER, AMALGAMER, simplifier à l'excès : on considère que tous les juifs, ou tous les noirs, ou tous les phallocrates, ou tous les racistes, sont LES MÊMES et méritent LE MÊME TRAITEMENT. C'est manichéen, c'est bête, car le monde n'est pas noir ou blanc."

Propos étayés par une habile manoeuvre consistant à pointer le fait, indéniable, qu'une grille de lecture simpliste ne peut rendre compte de la complexité de pareils "phénomènes socio-politiques".

Toutefois (mais c'est là une opinion toute personnelle, accordons-le à M. Chouard), les éventuels erreurs de jugement des "antiracistes" ou des "antifascistes" semblent, pour le moins, être le fruit de causes bien plus nobles, A LA BASE, dans ce qui les a engendré, que celles qui défendent la supériorité d'une race, ou d'une religion, sur une autre.

Et mine que rien, c'est une différence de taille...

Etienne Chouard parle d'ailleurs egalement de "sens du discernement", et écrit que "(...)TOUS LES RACISTES NE SONT PAS DES FANATIQUES. Si l'on veut pacifier le monde, il me semble important de garder son sens du DISCERNEMENT et éviter de diaboliser tout le monde : la plupart des racistes, des antisémites, des phallocrates, des homophobes, etc. le sont modérément et peuvent encore changer d'avis, si on prend le temps de parler, d'argumenter, de démontrer (au lieu d'agresser et d'insulter)."

Lorsque l'on se réfère régulièrement à l'Histoire pour recontextualiser certaines notions, il paraît évidemment curieux d'oublier qu'historiquement, justement, dédiaboliser certaines idées, peut conduire au pire.

De la part d'un intellectuel comme M. Chouard, encore une fois, la position paraît difficile à maintenir.

En poussant son raisonnement jusqu'au bout, les excès de l'antisémitisme et du racisme, seraient aussi nuisibles que ceux du camp opposé.

Sauf que l'on a rarement vu des "bisounours antiracistes et antifas" alimenter un four crématoire ou procéder à une purification ethnique...

Lorsque l'on crie sans cesse au "manque de discernement", curieuse posture, une fois de plus...

Etienne Chouard se fourvoie également, c'est une opinion toute personnelle bis, lorsqu'il énonce qu'il est possible de décoreller la pensée d'un auteur antisémite de certaines de ses thèses.

Comment imaginer qu'un auteur qui rêve, plus ou moins secrètement, de "casser du youpin" peut écrire un ouvrage sur le système bancaire sans, en arrière plan, avoir en tête l'image de "la pieuvre juive" étendant ses tentacules sur la finance mondiale?

Encore une fois, lorsque l'on met en avant la nécessité impérieuse de contextualiser certaines idées, la démarche peut paraître, pour le moins, étonnante.

Une incontournable et impérieuse nécessité de contextualiser "les choses" selon que cela sert son propos ou non?

Qui pousserait Etienne Chouard à préciser que, OUI, l'on peut relayer les idées d'auteurs antisémites en occultant l'opinion desdits auteurs, mais que, NON, il est impossible de combattre l'antisémitisme sans le replacer dans son contexte socialo-historique:

"Je voudrais ensuite souligner que la "chasse à l'antisémite" que nous vivons aujourd'hui en France est toute récente et qu'il n'y a pas si longtemps, toute la société était animée par un antisémitisme banal et qu'il n'était donc, à l'époque, pas du tout répréhensible de l'être. Comme en d'autres domaines, il est donc ANACHRONIQUE (ET DONC INJUSTE) de juger les acteurs d'une époque passée avec les valeurs d'aujourd'hui."

Etonnant grand écart particulièrement périlleux...

Une fois admise cette absolue nécéssité de ne jamais oublier ce qui a poussé un auteur à écrire certaines choses, à émettre certaines opinions, alors, OUI, celui-ci peut-être lu.

Mais considérer l'antisémitisme d'un auteur, d'un politicien comme simplement annexe aux idées qu'il avance, NON. Définitivement NON.

Et affirmer l'inverse est diablement dangereux.

Parce que ce serait aborder, PARTIELLEMENT, sa pensée.

Et occulter qu' "au bout du bout" de celles-ci, les plus dangereuses des idéologies sont tapies.

Ce serait manquer d'autant de discernement qu'en assimilant les "antifascistes" et les "antiracistes" à "(...)des inquisiteurs intégristes, des fous de dieu à leur manière, intransigeants et intolérants, complètement fermés à l'idée que, peut-être, c'est eux qui se trompent", et qui "(...)considèrent qu'il y a des gens avec qui il ne faut parler —ou qu'il ne faut lire— à aucun prix."

Ce serait manquer d'autant de discernement qu'en pensant que les "gens de Gauche" font "(...)DE L'ANTISÉMITISME OU DE L'ANTIRACISME L'ALPHA ET L'OMÉGA D'UNE POLITIQUE DE GAUCHE".

Ce qui, curieusement, est une opinion fortement ancrée sur les rives de l'autre "extrême bord"...

Ce serait oublier que ceux-ci lisent Proudhon, évidemment, en tenant compte de l'antisémitisme dudit bonhomme.

Et que, certes, si, comme l'écrit Etienne Chouard, "(...)CETTE APTITUDE À LIRE TOUT LE MONDE EN DISTINGUANT LES IDÉES DE L'AUTEUR NE FAIT PAS DE MOI UN ANTISÉMITE", la démarche de "n'éclairer" que certaines idées de ces auteurs, couplée à un relais et une promotion d'un certain nombre d'autres, finit par apparaître, fatalement,  éminemment suspecte.

Le foisonnement et l'accumulation de certaines références semblant, au final, le fruit d'une certaine volontée, la résultante d'un but pour le moins trouble...

On pourra penser qu'il s'agit là de l'inévitable éceuil sur lequel finissent par échouer ceux qui, à force de naviguer, finissent par le faire en eaux troubles, totalement perdus au milieu d'une mer de 1500 ouvrages.

"Je lis et travaille sur (aujourd'hui) plus de 1 500 livres, de façon active, dynamique, quotidienne ; je me sers de ces livres (qui traitent tous, de près ou de loin, du pouvoir et des abus de pouvoir) comme d'un outil formidable pour concevoir et mettre au point une alternative solide et durable aux injustices sociales. Je m'alimente avec ces milliers de livres (en plus des milliers de documents que je trouve sur le net et des milliers de lignes de controverses auxquelles je participe sur les forums)."

Avant de se vanter de tous ces rivages sur lesquels on accoste, de toutes ces mers qu'on sillonnent, peut-être serait-il impératif de se doter d'une bonne carte, avec de solides repères, lors de l'embarquement?

Peut-être faut-il se souvenir que la première qualité d'un marin est l'humilité?

Dans le cas inverse, naviguer à vue peut provoquer un sévère malaise au sein des passagers, et une véritable trouille, voire une franche hostilité, chez les équipages des navires qu'on vient à croiser, voyant bien que les manoeuvres sont peu assurées.

On pourra considérer qu'il est inéluctable de se perdre totalement, et que, privé d'eau et de vivres, le délire arrive inexorablement. Brutalement.

Qu'écrire que "(...) NOTRE PROBLÈME, CE N'EST PAS HITLER, NOTRE PROBLÈME C'EST QUI A FINANCÉ HITLER" ne peut-être que le résultat de pareil délire.

Parce que le problème a été, évidemment, ET Hitler, ET ceux qui ont permis son avènement.

Par le biais de moyens financiers, politiques, électoraux.

Et tous ceux qui ont permis qu'il prenne le Pouvoir. 

Qui, avec des visées évidemment idéologiques, n'hésitaient sans doute aucunement à dire des juifs qu' "(...)il ne faut pas que cette judéité nous empêche de les accuser, n'est-ce pas ? Il n'y a pas de raison pour que le fait d'être juif serve de protection à ceux des juifs qui sont des salauds (car il y en a quelques uns qui le sont évidemment, ce serait quand même aberrant de le nier)."

Alors qu'il suffirait de dire ou d'écrire que ce sont des salauds.

Qu'ils soient juifs, musulmans, catholiques, noirs, blancs, ou que sais-je encore. Mais des salauds, avant tout. Dont il n'est nul besoin de qualifier ethniquement, culturellement les origines pour lutter contre les sombres desseins.

Alors oui, le malaise subsiste, les explications d'Etienne Chouard, énoncées dans les deux billets évoqués ici, paraissant aussi troubles que les eaux dans lesquelles il fait désormais avancer sa frêle embarcation.

Le naufrage n'est sans doute pas loin.

 

 
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