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29/04/2011

Suicide d'un salarié de France Telecom: La vérité sur les coupables.

 

Un homme de 57 ans vient de mettre fin à ses jours.

D'une des manières les plus violentes qui soient.

Tenter de mesurer ce qu'il s'est infligé, une fois sa décision mise à éxécution - sans parler même du long processus qui a pu le mener à pareille horreur - est totalement, définitivement, irrémédiablement, im-po-ssi-ble, im-pen-sa-ble, in-con-ce-va-ble.

Tant qu'insoutenable.

Nous serons évidemment d'accord à ce sujet.

Comme nous nous entendrons, forcément, sur le fait qu'il est humain, voire même simplement instinctif, de se protéger, et de décider, consciemment ou non, de ne pas vouloir y penser plus longtemps. Afin de ne pas céder à l'irrépressible envie de s'arracher la peau du visage dont on est immanquablement saisi, lorsque l'on réalise pleinement ce que cet homme s'est imposé, dans ces moments qu'il savait pourtant les derniers de sa vie, puisqu'il les avait lui même fixés comme tels.

Nous aurons d'ailleurs chacun, pour parvenir à fuir la violence du geste de cet Homme là, nos méthodes "propres". Conditionnées, déterminées par un aléatoire mélange de chacune de nos situations personnelles, professionnelles, psychiques.

D'aucuns se réfugieront paradoxalement dans leurs propres emmerdes, sans jamais se rendre compte le moins du monde qu'elles n'en sont pas, finalement. Occupés à se regarder le sort et à pleurer sur leur nombril, estimant que lutter journellement contre "le système" - alors qu'ils n'en combattent que les effets - est amplement suffisant, ceux-ci s'éviteront ainsi d'avoir à contempler l'abîme de réflexion dans lequel ils basculeraient, à coup sûr, s'ils voulaient bien réfléchir aux raisons qui font qu'un Homme choisisse de se détruire par le feu.

D'aucuns continueront de vivre dans la peur du système sus évoqué, collaborant passivement, en quelque sorte, priant que l'attention ne se porte surtout pas sur eux, de crainte que le "coup de cravache" ne soit pire encore que la survie quotidienne, persuadés d'ainsi ne point trop subir - pas trop douloureusement, finalement - s'évitant ainsi d'avoir à contempler l'abîme de réflexion dans lequel ils basculeraient, à coup sûr, s'ils voulaient bien réfléchir aux raisons qui font qu'un Homme choisisse de se détruire par le feu.

D'aucuns continueront à se laisser porter par ledit "système". Convaincus que ceux qui coulent et s'y noient n'avaient qu'à cesser de tenter désespérément de nager à contre-courant, pensant ainsi sortir du flot, ces cons! Occupés à s'emplir la tête d'un esprit d'entreprise qui sera  curieusement le même quel que soit le nom de "la boîte" qui les emploie, quelle que soit "l'orientation stratégique" décidée par la Direction et/ou les actionnaires majoritaires, ceux-ci s'épargneront ainsi d'avoir à contempler l'abîme de réflexion dans lequel ils basculeraient, à coup sûr, s'ils voulaient bien réfléchir aux raisons qui font qu'un Homme choisisse de se détruire par le feu.

D'aucuns continueront aveuglément de penser qu'il s'agit là de "dommages collatéraux", de simples ratés du "système" moteur. Que celui-ci offre tout de même de formidables opportunités à qui sait les saisir. Qu'il s'agit là, dans le fond, de l'acte désespéré d'un individu... "Défaillant", en quelque sorte. Occupés à s'auto-congratuler en permanence -au point que ça en soit devenue une façon de fonctionner socialement, jouissant bruyamment tant qu'indécemment de ne pas venir gonfler le rang des jugés perdants- de leurs incroyables capacités d'adaptation, qui leur permettent de ne pas avoir à contempler l'abîme de réflexion dans lequel ils basculeraient, à coup sûr, s'ils voulaient bien réfléchir aux raisons qui font qu'un Homme choisisse de se détruire par le feu.

Un homme de 57 ans vient de mettre fin à ses jours.

D'une des manières les plus violentes qui soient.

Et chacun dentre nous, à son niveau, est COUPABLE.

A des degrés divers, sans doute.

Mais tous coupables, tout de même, qu'on fasse partie de l'élite (?) déshumanisée "d'en haut", ou de l'immense majorité des larbins résignés et fatalistement serviles "d'en bas".

Qu'on appartienne à ceux qui mettent en place con-sciemment ce fameux "sytème broyeur de vies", puisque les vies en question ne sont pour ceux-là que des chiffres dans les cellules d'un tableau de statistiques, qu'il convient de faire baisser pour en faire augmenter d'autres. Ceux des bénéfices qu'il faut faire grimper, sans cesse, mécaniquement.

Automatiquement.

Systématiquement.

Quel qu'en soit le coût. Et de quelque nature qu'il soit.

De ceux qui ont dû expliquer à cet homme, qui laissait toute une vie - rien que ça -  derrière sa brutale mutation, que "Ce ne sont pas nous, les coupables, ce sont les règles du Marché. Le contexte. La guerre économique. La concurrence. Comprenez bien que nous en soyons sincèrement désolés, mais oui, afin de sauver l'Entreprise, chacun d'entre nous devra faire des efforts. Prenez ces changements comme des opportunités. Un changement de vie. Un nouveau départ, en quelque sorte."

Ou qu'on fasse partie de ceux qui, pitoyablement tant que servilement, attendent que tombent les miettes de la table des Maîtres, fidèles au(x) poste(s), expliquant, convaincus, à cet Homme là qu' "Il s'agit d'être ambitieux. Que si l'on veut, on peut. Que si "tu ne veux pas", moi je vais devoir être ... disons... désagréable. J'ai des objectifs aussi, comprends moi. Et je compte bien les atteindre, MOI. Arrête de voir tout en noir. Le service au client, c'est une vaste connerie. Le travail bien fait? ... Sans déconner, tu crois encore à ces conneries? Tu sais que la boîte nous a offert des actions? Alors? Réfléchis. On est des gagnants, ou pas? On veut le faire monter le cours de l'action de NOTRE entreprise, on veut se faire du blé comme le Patron, ou bien?"

En passant par ces collègues, qui lui expliquaient sans doute, l'air contrit, que "Oui, je suis d'accord avec toi, nos conditions de travail sont tout bonnement inacceptables. De la merde en barre. Mais on a la chance d'en avoir, des conditions de travail. Aussi invivable qu'elles puissent être. Pense à tous ces pauvres gens laissés pour compte, qu'ont même plus de boulot. Nan, tu vois, j'te suivrais bien, mais qu'est-ce qu'ils vont en penser à la Direction? C'est comme ça. On peut pas y faire grand' chose."

Chacun se cachant, à sa manière, selon qu'il appartienne à telle ou telle strate, à tel ou tel rouage de "la machine", derrière la nécessité de continuer à faire tourner ladite mécanique infernale, et laissant, accessoirement, cet Homme-ci, seul, face à son désespoir.

Que ce soit par intérêt, chaque tour de roue contribuant a faire monter les compteurs.

Que ce soit par envie. De pouvoir piloter, même un peu, en dépit des risques de crash évident.

Ou que ce soit par peur de ne pas savoir quoi faire une fois la folle course en avant stoppée, par crainte que celle-ci reprenne alors qu'on est descendu sur le quai pour comprendre ce qui se passe.

Les coupables ne sont pas seulement les actuels pilotes. Ils sont aussi ceux qui espèrent les remplacer, au volant. Ils sont aussi les voyageurs assoupis. Et ils sont également ceux déjà sur les quais. Ceux déjà descendus.

Nous tous qui mettons tant d'énergie à créer, soutenir, supporter, subir ce "système" qu'il est somme toute assez facile d'accuser, alors que Nous en sommes tous responsables. Complices.

Parce que lorsque l'on veut bien réfléchir à ces fameuses raisons, qui ont fait que cet Homme ait choisi de se faire brûler pour mourir, on se dit que c'est la machine elle-même qu'on devrait faire dérailler.

Sauter.

Brûler.

C'est simplement évident. Flagrant. Limpide.

Pourtant, la machine continue de filer... Malgré les milliers de milliers de kilomètres d'horreurs qui défilent.

A toute vitesse.

 


Noir Desir - Gagnants Perdants par zonzon25

 


05/10/2009

Pansements et jambes de bois

Comme dans "Dallas", il arrive parfois que l'univers ne devienne impitoyable.

Sauf que c'est pas à la télé, et que les turpitudes de JR, ou les beuveries de Sue Helen, c'est "Week-end chez les bisounours" à côté de la réalité que tu te prends dans la gueule, tous les matins, en commettant l'erreur d'écouter écoutant "France Info, la radio de propagande qu'il te faut".

Comme si l'affreux texan au stetson blanc et sourire carnassier t'envoyait une bonne grosse décharge de son plus gros fusil (cadeau de la NRA, lorsqu'il a fait sa première communion) dans ta face.
Ou encore comme si son éponge de femme te vomissait sur les pompes, alors qu'elle vient de vider, d'un trait, les puits de pétrole de son mari, de peur que le delirium tremens ne survint.

Glauque, super glauque.

L'univers qui vire impitoyable, en vrai, ce sont ces salariés de France Telecom Orange qui sautent à l'élastique. Sans.
L'univers qui vire impitoyable, en vrai, c'est la Terre (rien que ça) qui est sur le point de devenir un véritable Enfer (rien que ça bis).

Heureusement, heu-reu-se-ment, ce ne sont pas les sauveurs de mondes qui manquent.

Qu'il s'agisse de celui de l'entreprise, ou du Monde, tout court (comme le temps qui lui reste).

Lorsque l'univers de l'entreprise devient trop impitoyable, donc, ses dirigeants réagissent.
Orange, par exemple, face à la "mode" du suicide ("Très tendance cette corde, mon p'tit Martin."), construit des immeubles anti-suicides.

Lorsque l'univers de la planète est sur le point de devenir invivable, ( "Mon p'tit Martin, je crois que vous avez les pieds dans l'eau. Et les poumons aussi.") les scientifiques réagissent. Et proposent de refroidir artificiellement la planète ("Mon p'tit Martin, passez moi le pingouin, là. Merci.")

On le voit à travers ces deux exemples des plus pragmatiques, un problème n'est pas problème, s'il n'a pas de solution.

Bêtement, nous pensions ici que les conditions de travail, le stress, tout ça...

Idiotement, nous pensions tégalement que les industriels, la pollution, tout ça aussi...

Meuh noooooon.

Il convient juste d'avoir libres et justes penseurs à portée de main, pour trouver des solutions.
Pas plus compliqué que ça, dans le fond.

C'est pourquoi, chez "Affreux, Sale, Bête et Méchant", nous avons décidé de réunir les plus libres et justes penseurs de l'époque actuelle, et de proposer, selon leurs avis zéclairés, cinq solutions à cinq problèmes de notre Temps.

La classe. Tout simplement.

Problème n°1: La Crise.
Trooooooop simple.
"Supprimons les pauvres qui l'ont choisi, aussi, faut r'connaître." (Patrick Balkany, magicien).

Problème n°2: Le chômage.
Bah là, pas difficile.
"Supprimons les fainéants qui refusent de travailler chômeurs." (Serge Dassault, digne héritier de la libre pensée).

Problème n°3: La violencélinsécurité.
Les doigts dans l'nez, carrément.
"Supprimons la racaille". (Raymond Karcher, ami de Nicolas Sarkozy).
Pour la violencélinsécurité policière (très exagérée), trop fado, "supprimons les droits de l'Homme" (Nicolas Sarkozy, ami de Rama Yade).

Problème n°4
: La pédophilie.
Super simple.
"Supprimons les enfants. Et internet, surtout". (Frédéric Lefebvre, libre penseur surtout d'un point de vue capillaire).

Problème n°5: La montée de l'intégrisme religieux (mais à tendance musulmano-terroriste, uniquement, les autres religions n'étant que paix et amour, bien évidemment).
Limpide.
"Tous à poil, sans chemi-zeuuuu et sans burqua!" (Christian Vanneste, fondateur du mouvement "Ensemble, contre le carnaval!")

Il devient absolument évident, au regard des solutions proposées ici, comme à la lumière de celles avancées pour Orange, la société où il fait bon vivre, même fenêtres closes, et pour la planète, où il fait bon prendre un bain de mer, même à Clermont-Ferrand, que le problème, le vrai, ce sont les gauchiss' , incapables d'égaler les hauteurs de pensée perchée de nos sauveurs de mondes sus-évoqués.
Les gauchiss' , Oui, qui font rien qu'a tout complefixier avec des mots compliqués comme "Causalité", "Origines", "Sources".

Parce qu'au fond, ce que veulent ces gens là, c'est bien réduire les formidables libertés que permettent le merveilleux système dans lequel tu vis.
Celui-là même qui te laisse le choix de te foutre en l'air si t'es viré, délocalisé ou pressurisé à mort.
Celui-là même qui te laisse le choix de regarder la planète pourrir, petit à petit.

Et toucher à la Liberté (d'entreprendre, notamment), non, ça, ce n'est pas envisageable.
Point barre.

 
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