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19/09/2011

Un homme à la mer?

 

Les nombreux liens et références utilisés par Etienne Chouard, figure notoire de la lutte anti-TCE en 2005, créent dernièrement un malaise certain chez nombre de ses anciens (zénouvo) "fans".

Malaise d'autant plus vif que ce dernier s'engage depuis peu auprès des Indignés, constitués -pour le moment encore- de militants (ou "citoyens" comme ils préfèrent souvent se dénommer eux-mêmes) plutôt diamétralement opposés, sur l'échiquier politique, à ceux d'extrême-droite.

Il est vrai que ses références, nombreuses et fréquentes; tant que volontiers élogieuses; à Alain Soral, François Asselineau, Jacques Cheminade et/ou aux sites tels que "Le Réseau Voltaire", "Le Grand Soir",  "Mondialisation.ca", "Enquête & Débat", et autres "Oulala.net", ont de quoi laissé un fort doute quant à son adhésion aux thèses qui sont défendues par les tristes personnages sus-mentionnés et/ou sur les sites en question.

Malaise qui n'a pas tardé à se répandre sur "la toile", en ces temps où les frontières extrême-gauche/extrême droite semblent de plus en plus perméables. Et ce, pour diverses raisons. Dont certaines ont déjà été évoquées ici notamment, dans le document relayé par le (court) billet de ce matin.

Point besoin d'y revenir, donc (ou alors une autre fois. On va pas tout mélanger, non p'u, merci).

Il peut être intéressant, en revanche, de s'attarder sur les deux billets rédigés par Etienne Chouard, en réponse à ce mini-buzz ternetesque, en ce qu'ils peuvent constituer un début de réponse à la véritable question que pose ledit mini-buzz:

Etienne Chouard adhère-t-il aux idées prônées par les divers mouvements d'extrême-droite qu'il cite OU est-il victime de ce qu'il présente comme une innocente (et plutôt Xtra-large) ouverture d'esprit?

Le premier de ses deux billets démarre plutôt maladroitement.

D'une maladresse dont on peut raisonnablement se demander, aux vues des capacités intellectuelles supposées de l'auteur, si elle n'est pas habilement feinte.

Ainsi Etienne Chouard se lance-t-il dans une tentative de définition de l'extrême-droite.

Qu'il base essentiellement sur le sens initial; à proprement parler basique;  de ce terme qui désigne une famille politique dont il ne peut ignorer qu'elle n'a cessé d'évoluer, de tous temps.

Et dont il sait à l'évidence; puisqu'il l'écrit lui-même; qu'il est rigoureusement impossible de la décrire "en deux mots".

Malgré cette indéniable impossibilité, Etienne Chouard avance un premier argument:

"(...) le projet d'extrême droite est un projet de domination d'une bande de riches privilégiés, au moyen d'un chef unique pas ou peu contrôlé par "son" peuple : l'extrême droite veut un homme fort, un leader maximo, un duce, un führer, un roi, un dieu."

Face à cette première affirmation, on est en droit de se demander si l'auteur de ces lignes a bien écouté et regardé les vidéos d'Alain Soral, par exemple, qu'il relaie fréquemment.

Le personnage en question, sous des discours aux accents faussement "gauchistes", présente tous les symptômes d'une mégalomanie difficilement maîtrisée. Ce qui le fait totalement correspondre avec le portrait du "dieu" brossé par Etienne Chouard, et que l'extrême-droite appelle, effectivement, de tous ses voeux.

Et si le "mouvement soralien" combat, en apparence, l'autre caractéristique de l'extrême-droite dépeinte par l'auteur, à savoir le "(...)projet de domination d'une bande de riches privilégiés", c'est, justement, parce que celui-ci emprunte sa stratégie d'accession au Pouvoir à l'une des nombreuses variantes des mouvements d'extrême-droite: Le National-socialisme, en l'occurrence.

Auquel Soral et ses disciples ont apporté quelques "touches personnelles", évidemment.

Qu' Etienne Chouard soit dupe de "l'apparent gauchisme" d'un mouvement tel qu'"Egalité & Réconciliation" est pour le moins hallucinant.

Sinon fortement suspect.

Et si M. Chouard est réellement convaincu qu'il faut "(...) mettre tous les aspirants chefs sous le contrôle quotidien de ceux qu'ils prétendent dominer", alors ce dernier se trompe lourdement quant au choix de ses "amis". Invitons-le à visionner de nouveau les vidéos qu'il met en ligne sur nombre de ses interventions. Invitons-le à se pencher, vraiment, sur les liens existants entre "Egalité & Réconciliation" et le FN. Et sur les personnages gravitant autour de l' "UPR", parti de François Asselineau, dont il semble apprécier moultes idées.

Quant aux revendications nationalistes, pour ne pas dire xénophobes, des mouvements en question, celui-ci devrait s'interroger sur leur compatbilité avec les idéaux qu'il dit défendre.

Il semble y avoir là quelques incohérences manifestes, indignes d'un défenseur d'une "société radicalement démocratique".

La dernière partie de la réponse d'Etienne Chouard s'appuie sur le fait qu'on l'accuse d'être "anti-PS"; par le simple fait de minorer l'importance des revendications du parti en question; et donc d'être un "fasciste".

Nous serons d'accord avec lui sur ce point. Il ne suffit pas d'éxécrer le PS pour être fasciste. Il s'agit là d'un argument au moins aussi faible que ceux qu'il avance afin de démontrer sa non-appartenance à une certaine extrême-droite, convenons-en.

Pour autant, il écrit à cette occasion certaines "choses" particulièrement troublantes, tant dans le fond, que dans la forme:

"- je ne suis pas raciste et je pense que le racisme LA PLUPART DU TEMPS est une erreur, une peur mal fondée, une opinion politique qui peut être changée par un débat respectueux et approfondi — alors que cette pensée politique (raciste) s'endurcit quand elle est sottement caricaturée et criminalisée par des Torquemada arborant frauduleusement l'étendard "antiraciste"

Il y aurait un "bon racisme" et un "mauvais racisme". La "pensée politique (raciste)", basée sur les pires inepties et les plus infondées des considérations, ne doit pas être caricaturée ("sottement"), au risque de la renforcer: ceux qui combattent le racisme le nourrissent, "inversisme" caractéristique du discours extrême-droitier. Premier point... Etonnant.

La sémantique elle-même, utilisée par M. Chouard, rappelle par ailleurs, celle que l'on trouve quotidiennement dans les commentaires des sites tels que "Fdesouche", pour ne citer que celui-ci. "Torquemada", notamment, est une des insultes favorites de ses commentateurs, notamment. Lorsque l'on cherche à prouver que l'on n'adhère pas aux idées défendues par lesdits sites, il apparaît bien curieux d'en utiliser le vocabulaire. Second point... Troublant.

Etienne Chouard clotûre d'ailleurs son premier billet en entonnant une rengaine bien connue de ceux qui scrutent les sites d'extrême-droite:

"On" cherche à le faire taire, ceux qui l'accusent de fascisme sont eux-mêmes des fascistes:

"(...) il s'agit de salir, par la vieille technique de la calomnie, ceux qui résistent aux projets de domination du moment. La liberté de penser sur les attentats du 11 septembre est un marqueur très intéressant, et je commence à identifier ceux qui traitent les autres de "conspirationnistes" comme des COMPLICES objectifs du système en formation.

Ce qui devrait conduire à se poser cette question : les auteurs de telles calomnies sont-ils bien "de gauche" ? Ou ne sont-ils, pas précisément, des faux-nez des privilégiés s'affublant de l'étiquette frauduleuse "antifasciste" ?"

Ne manque que l'emploi des mots "agents de l'Empire" ou autres locutions Dieudonniaises, et la "panoplie" serait complète.

Curieuse démonstration, décidément, pétrie de troublantes similitudes langagières et d'assez grossières définitions parcellaires...

Le titre même du second billet d'Etienne Chouard, relatif aux accusations qu'il entend combattre, "Le fascisme n'est pas assimilable à l'antisémitisme", provoque également un indéniable malaise.

"Et alors?" a-t-on spontanément envie de répondre.

L'un est-il plus condamnable que l'autre?

Et à l'inverse, l'une de ces saloperies serait-elle plus acceptable que celle à laquelle l'oppose M. Chouard?

Il convient toutefois, pour tenter de saisir sa pensée, d'aller plus loin dans la lecture dudit billet.

L'auteur s'y lance, en premier lieu, dans une longue démonstration visant à prouver que les "antiracistes" ainsi que les "antifascistes" sont, dans le fond, aussi condamnables que les racistes et les antisémites qu'ils combattent:

"Un mot d'abord de l'antisémitisme. À mon sens, l'antisémitisme est, comme le racisme — mais aussi comme l'antiracisme, ou même l'antifascisme, je m'en aperçois aujourd'hui à l'occasion de cette calomnie —, UNE ERREUR DE JUGEMENT QUI CONSISTE À TOUT MÉLANGER, AMALGAMER, simplifier à l'excès : on considère que tous les juifs, ou tous les noirs, ou tous les phallocrates, ou tous les racistes, sont LES MÊMES et méritent LE MÊME TRAITEMENT. C'est manichéen, c'est bête, car le monde n'est pas noir ou blanc."

Propos étayés par une habile manoeuvre consistant à pointer le fait, indéniable, qu'une grille de lecture simpliste ne peut rendre compte de la complexité de pareils "phénomènes socio-politiques".

Toutefois (mais c'est là une opinion toute personnelle, accordons-le à M. Chouard), les éventuels erreurs de jugement des "antiracistes" ou des "antifascistes" semblent, pour le moins, être le fruit de causes bien plus nobles, A LA BASE, dans ce qui les a engendré, que celles qui défendent la supériorité d'une race, ou d'une religion, sur une autre.

Et mine que rien, c'est une différence de taille...

Etienne Chouard parle d'ailleurs egalement de "sens du discernement", et écrit que "(...)TOUS LES RACISTES NE SONT PAS DES FANATIQUES. Si l'on veut pacifier le monde, il me semble important de garder son sens du DISCERNEMENT et éviter de diaboliser tout le monde : la plupart des racistes, des antisémites, des phallocrates, des homophobes, etc. le sont modérément et peuvent encore changer d'avis, si on prend le temps de parler, d'argumenter, de démontrer (au lieu d'agresser et d'insulter)."

Lorsque l'on se réfère régulièrement à l'Histoire pour recontextualiser certaines notions, il paraît évidemment curieux d'oublier qu'historiquement, justement, dédiaboliser certaines idées, peut conduire au pire.

De la part d'un intellectuel comme M. Chouard, encore une fois, la position paraît difficile à maintenir.

En poussant son raisonnement jusqu'au bout, les excès de l'antisémitisme et du racisme, seraient aussi nuisibles que ceux du camp opposé.

Sauf que l'on a rarement vu des "bisounours antiracistes et antifas" alimenter un four crématoire ou procéder à une purification ethnique...

Lorsque l'on crie sans cesse au "manque de discernement", curieuse posture, une fois de plus...

Etienne Chouard se fourvoie également, c'est une opinion toute personnelle bis, lorsqu'il énonce qu'il est possible de décoreller la pensée d'un auteur antisémite de certaines de ses thèses.

Comment imaginer qu'un auteur qui rêve, plus ou moins secrètement, de "casser du youpin" peut écrire un ouvrage sur le système bancaire sans, en arrière plan, avoir en tête l'image de "la pieuvre juive" étendant ses tentacules sur la finance mondiale?

Encore une fois, lorsque l'on met en avant la nécessité impérieuse de contextualiser certaines idées, la démarche peut paraître, pour le moins, étonnante.

Une incontournable et impérieuse nécessité de contextualiser "les choses" selon que cela sert son propos ou non?

Qui pousserait Etienne Chouard à préciser que, OUI, l'on peut relayer les idées d'auteurs antisémites en occultant l'opinion desdits auteurs, mais que, NON, il est impossible de combattre l'antisémitisme sans le replacer dans son contexte socialo-historique:

"Je voudrais ensuite souligner que la "chasse à l'antisémite" que nous vivons aujourd'hui en France est toute récente et qu'il n'y a pas si longtemps, toute la société était animée par un antisémitisme banal et qu'il n'était donc, à l'époque, pas du tout répréhensible de l'être. Comme en d'autres domaines, il est donc ANACHRONIQUE (ET DONC INJUSTE) de juger les acteurs d'une époque passée avec les valeurs d'aujourd'hui."

Etonnant grand écart particulièrement périlleux...

Une fois admise cette absolue nécéssité de ne jamais oublier ce qui a poussé un auteur à écrire certaines choses, à émettre certaines opinions, alors, OUI, celui-ci peut-être lu.

Mais considérer l'antisémitisme d'un auteur, d'un politicien comme simplement annexe aux idées qu'il avance, NON. Définitivement NON.

Et affirmer l'inverse est diablement dangereux.

Parce que ce serait aborder, PARTIELLEMENT, sa pensée.

Et occulter qu' "au bout du bout" de celles-ci, les plus dangereuses des idéologies sont tapies.

Ce serait manquer d'autant de discernement qu'en assimilant les "antifascistes" et les "antiracistes" à "(...)des inquisiteurs intégristes, des fous de dieu à leur manière, intransigeants et intolérants, complètement fermés à l'idée que, peut-être, c'est eux qui se trompent", et qui "(...)considèrent qu'il y a des gens avec qui il ne faut parler —ou qu'il ne faut lire— à aucun prix."

Ce serait manquer d'autant de discernement qu'en pensant que les "gens de Gauche" font "(...)DE L'ANTISÉMITISME OU DE L'ANTIRACISME L'ALPHA ET L'OMÉGA D'UNE POLITIQUE DE GAUCHE".

Ce qui, curieusement, est une opinion fortement ancrée sur les rives de l'autre "extrême bord"...

Ce serait oublier que ceux-ci lisent Proudhon, évidemment, en tenant compte de l'antisémitisme dudit bonhomme.

Et que, certes, si, comme l'écrit Etienne Chouard, "(...)CETTE APTITUDE À LIRE TOUT LE MONDE EN DISTINGUANT LES IDÉES DE L'AUTEUR NE FAIT PAS DE MOI UN ANTISÉMITE", la démarche de "n'éclairer" que certaines idées de ces auteurs, couplée à un relais et une promotion d'un certain nombre d'autres, finit par apparaître, fatalement,  éminemment suspecte.

Le foisonnement et l'accumulation de certaines références semblant, au final, le fruit d'une certaine volontée, la résultante d'un but pour le moins trouble...

On pourra penser qu'il s'agit là de l'inévitable éceuil sur lequel finissent par échouer ceux qui, à force de naviguer, finissent par le faire en eaux troubles, totalement perdus au milieu d'une mer de 1500 ouvrages.

"Je lis et travaille sur (aujourd'hui) plus de 1 500 livres, de façon active, dynamique, quotidienne ; je me sers de ces livres (qui traitent tous, de près ou de loin, du pouvoir et des abus de pouvoir) comme d'un outil formidable pour concevoir et mettre au point une alternative solide et durable aux injustices sociales. Je m'alimente avec ces milliers de livres (en plus des milliers de documents que je trouve sur le net et des milliers de lignes de controverses auxquelles je participe sur les forums)."

Avant de se vanter de tous ces rivages sur lesquels on accoste, de toutes ces mers qu'on sillonnent, peut-être serait-il impératif de se doter d'une bonne carte, avec de solides repères, lors de l'embarquement?

Peut-être faut-il se souvenir que la première qualité d'un marin est l'humilité?

Dans le cas inverse, naviguer à vue peut provoquer un sévère malaise au sein des passagers, et une véritable trouille, voire une franche hostilité, chez les équipages des navires qu'on vient à croiser, voyant bien que les manoeuvres sont peu assurées.

On pourra considérer qu'il est inéluctable de se perdre totalement, et que, privé d'eau et de vivres, le délire arrive inexorablement. Brutalement.

Qu'écrire que "(...) NOTRE PROBLÈME, CE N'EST PAS HITLER, NOTRE PROBLÈME C'EST QUI A FINANCÉ HITLER" ne peut-être que le résultat de pareil délire.

Parce que le problème a été, évidemment, ET Hitler, ET ceux qui ont permis son avènement.

Par le biais de moyens financiers, politiques, électoraux.

Et tous ceux qui ont permis qu'il prenne le Pouvoir. 

Qui, avec des visées évidemment idéologiques, n'hésitaient sans doute aucunement à dire des juifs qu' "(...)il ne faut pas que cette judéité nous empêche de les accuser, n'est-ce pas ? Il n'y a pas de raison pour que le fait d'être juif serve de protection à ceux des juifs qui sont des salauds (car il y en a quelques uns qui le sont évidemment, ce serait quand même aberrant de le nier)."

Alors qu'il suffirait de dire ou d'écrire que ce sont des salauds.

Qu'ils soient juifs, musulmans, catholiques, noirs, blancs, ou que sais-je encore. Mais des salauds, avant tout. Dont il n'est nul besoin de qualifier ethniquement, culturellement les origines pour lutter contre les sombres desseins.

Alors oui, le malaise subsiste, les explications d'Etienne Chouard, énoncées dans les deux billets évoqués ici, paraissant aussi troubles que les eaux dans lesquelles il fait désormais avancer sa frêle embarcation.

Le naufrage n'est sans doute pas loin.

 

10/05/2010

Point barre

Ce qui est fascinant avec Alain Minc, c'est l'étendue vertigineuse (tant qu'éblouissante) des domaines dans lesquels le personnage peut étendre sa prodigieuse capacité d'analyse.

Capacité jamais zentamée par aucun "réflexes idéologiques primaires" comme ceux qu'il dénonce, à l'occasion de son passage dans "Parlons net", émission "orientée web" (?), sur "France Info", le vendredi 07 mai 2010.

Que nenni.

Ce n'est point par réflexe idéologique, donc, qu'Alain Minc explique à l'auditeur (béat devant pareil brillance d'esprit), que "Les marchés, c'est comme les lois de la pesanteur".

Que nenni nenni.

C'est pas d'l'idéologie, c'est de la physique, ma brave dame.

Implacable.

Au point que "Tous les grands pays du vieux monde, Etats-Unis compris, sont dans la même situation, c'est comme ça...Et nous vivrons avec ça pendant une bonne dizaine d'années". Aussi indéboulonnable qu'une équation de Newton qui vient de se prendre une pomme sur la tronche (qu'il avait plutôt bien faite, note bien) et qui braille qu' "Eurêka, j'ai tout capté les lois de la gravitation universelle" (ou quelque chose d'approchant).

Lois physiques qui, semble-t-il s'appliquent moins franchement sur le plan horizontal, et qui donc, n'empêche pas M. Minc de prendre "cette affaire grecque, avec un peu plus de distance", tout de même.

Et de nous expliquer que, d'abord, "La baisse de l'Euro est un accélérateur formidable de croissance".

Et que ces salauds d'anarchiss' grecs ne sont pas capable, eux; profitant d'une soi-disante situation "coton-coton" pour étendre sur le pays leurs tentacules zidéologiques; de se rendre compte que: "L'effet positif est supérieur à l'effet récessif lié à l'effondrement de la Grèce", tout bonnement.

C'est dire si le grec manque de recul, tout de même, que même c''tincroyab', cette petitesse d'esprit dont fait preuve le citoyen (parfois pas même anarchiss' mais manipulé tout de même par ceux-là) lorsqu'il s'angoisse au sujet de ses fins de mois, au (futil) motif qu'elles commenceraient le 5.

Alors qu'il suffit (qu'ils sont sots, décidément) de ne point se référer aux avis des "agences de notation, et [de] tous ceux qui prennent pour pensée révélée ce qu'écrivent ces braves garçons, dont le niveau économique est deuxième année, à peu près, de droit, ou de sciences-po" . Pour la simple et bonne raison qu'ils ommetraient (les cons) que "la Grèce, "c'est pas le Danemark". Ce qui, conviens-en, place le faible niveau des branleurs en question aux zhauteurs où les a décrite M. Minc, et que, donc, en Grèce "50% du PIB est au noir".

Et que, partant de là (a savoir que le grec est un salaud de fraudeur qui enchaîne, le fourbe, les black jobs, dont il planque la moitié des revenus à l'Etat, le salaud. Si c'est pas d'la graine d'anar, qu'est-ce que c'est, ma brave dame?): "Le fonctionnaire grec, qui travaillait jusqu'à 17h00, et qui à 17h30, était chauffeur de taxi, on lui réduit son salaire, en effet, du 13eme et du 14eme mois, et il va partir à 15h30 et il sera chauffeur de taxi à 16h, et en réalité, vous verrez que la société grecque, nonobstant le drame qu'y a eu, mais qu'est quand même, bon bah, un drame, mais bon, c'est pas une révolution, hein, y'a eu un drame, la société grecque va, à cause de l'économie noire, absorber ce choc".

Ce qui permet de conclure à Alain Minc, qui  ne confond pas, LUI, Grèce et Danemark, nan mais, ho, que "La situation grecque n'est pas ce qu'on en dit, indépendamment du fait, qu'elle est difficile".

Et c'est sans doute cette prise de recul, quelque peu violente, qui entraîne M. Minc un peu plus loin, dans son élan, lui permettant de révéler à l'auditeur toujours aussi béat, que tout va vachement mieux qu'on le dit, à l'instar de la situation grecque, puisque, si on s'interroge un peu plus sérieusement que le gauchiss' moyen, on peut constater que "Le monde a crû. LE MONDE. Faut peut-être parfois penser au monde, et pas seulement à soi! Le Monde a crû de 5% par an, c'est une croissance qu'on a a jamais connu dans l'Histoire, JAMAIS."

Ce qui méritait bien, entres autres dégâts collatéraux (relavant quasi du point de détail), reconnais le, à la fin, la mise en concurrence des salariés sur un plan mondial. Et donc l'exploitation des plus fragilisés d'entre eux (sur un plan anal?). Puisque, tu le saurais -si ta générosité allait jusqu'à eux- : " Les chinois et les indiens, ils se félicitent de ce que nous venons de vivre" (ces salauds!).

Succint résumé de mi-parcours (histoire d'y voir plus clair, malgré un farouche aveuglement idéologique qui dût nous empêcher de prendre du recul):

Les marchés, et tout le cortège de saloperies qu'ils peuvent engendrer, sur un plan social, notamment, "C'est comme les lois de la pesanteur". On y peut rien, "C'est comme ça". Et tous les mauvais esprits qui accuseraient (bêtement) les financiers type Madoff and Co. feraient bien mieux de s'en prendre à Newton et la nature.

Bon.

La crise grecque va se règler, d'toutes façons, parce que le grec est bosseur (y compris au black, ma brave dame!). Et c'est pas deux trois ahuris des agences de notation qui vont faire la Loi, d'abord.

Bien.

Le système ultra-libéral que tous les vilains gauchiss' s'évertuent à critiquer est parfait. La preuve, "Les chinois et les indiens, ils se félicitent de ce que nous venons de vivre." Même qu'il serait temps, gauchiste égoïste, de penser un peu au Monde! Et de ne plus t'aviser de ne serait-ce qu'émettre (sournoisement, comme à ton habitude) un doute quant au fait que le système en question répande le bonheur.

Point barre.

A l'inverse, il est un domaine où tu pourras succomber à tes travers nombrilistes, gauchiste de petite vue, celui du problème des retraites. Car ainsi, cédant à tes penchants auto-centrés, tu t'apercevras des bienfaits dudit système:

"On devrait le dire davantage, nous nous en tirons mieux que les autres européens, parce que les français font plus d'enfants, il ne faut jamais l'oublier, et que donc...même s'il faut bouger l'age légal de la retraite, ..., nous ne sommes pas menacés du 67 ans des allemands..."

Ce qui est quand même une putain de bonne nouvelle, dès lors qu'on n'oublie de penser qu'il faut "peut-être parfois penser au MONDE!", c'est vrai...

Ainsi que dans le mur dans lequel il va. Et aux gens qui sont "aux manettes" dont, plutôt que de douter de la sincérité de leur démarche, tu devrais leur "(...)savoir gré,...,de faire leur boulot, c'est à dire d'aborder le sujet". Quand bien même les façons dont ils proposent de le résoudre te paraîtraient être inéquitables, voire profondément injustes (ingrat!).

Ce qui est assez ahurissant dans la mesure où Pascal Lamy, à l'OMC, Jean-Claude Trichet, à la Banque Centrale Européenne et Dominique Strauss-Khan, au FMI sont des gens formidab', qui font partie d'institutions qui n'ont strictement rien à voir avec le bordel actuel, tant elles ne sont ABSOLUMENT pas des clés de voûte du système qui est en train de foutre le monde à genoux.

Limpide.

Nous l'avons dit plus haut, son effondrement est dû aux effets de la pesanteur. Merci de suivre. Et non à un quelconque asservissement de la réalité économique aux agences de notation et à leur estimations assassines.

Non.

Bien au contraire. "Etre attaché au triple A, c'est préserver des emplois" dit Alain Minc, dont le recul de vue lui permet d'éviter habilement, toutes les  (sournoises) attaques qui l'accuseraient de ne pas être à une contradiction près.

 

 

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Une dépendance du secteur de l'emploi aux agences de notation, (sans doute fiables, dans ce cas-là), qui justifie de défendre  (aveuglément) le système dont Alain Minc chante les louanges depuis les années 80, contre vents et marées (et contre vagues tsunamesques de chômage et reflux de la part des salaires dans l'océan ultra-libéral. Aussi, oui).

Plutôt qu'a l'instar des blogueurs gauchiss', qui manquant de recul, les sots, relaient la colère du peuple grec, des salariés français licenciés (quand leur entreprise font des bénéfices colossaux), ainsi que la surexploitation de la main d'oeuvre à bas coût des pays sous-développés et autre "effet positif supérieurs à l'effet récessif", brillamment mis en évidence par Alain Minc.

Ce qu'on lit sur le net, d'ailleurs, M. Minc le dit haut et fort: ""C'est une parcelle du monde réel, ce n'est pas LE MONDE."

Et il serait tout de même vraiment "Affreux, Sale, Bête et Méchant" d'en douter. VRAIMENT.

Puisque c'est le même qui écrit, dans la préface du "Dictionnaire politique d’Internet et du numérique" qu'il a signé que: "Ce dictionnaire est l’ultime démonstration que l’Internet n’est plus un simple segment de la réalité. Il est la réalité."

Ce qui place l'avis de M. Minc, en matière d'analyse de la réalité, au dessus de tous soupçons d'invalidité, tant cet homme est droit dans ses convictions, quels que soient le contexte ou les interlocuteurs.

D'autant qu'il le dit lui-même, et c'est son mot de la fin:

"Je suis moins couillon que vous le pensez!".

Point barre.

 

 

[Edit: Il peut être relativement amusant (voire goûtu) de rapprocher l'aveuglement "obstinatoire" d'un Alain Minc à celui d'un autre Alain. Madelin, celui-là, manifesté notamment lors de son passage à l'émission "Ce soir ou jamais", animée par Frédéric Taddéi.

Et de se souvenir, pour finir de rire, qu'Alain Minc se définissait, il y a peu, comme "le dernier marxiste français, à certains égards". Ce qui devrait plaire à Alain 2, ancien membre d'Occident, dont nombre de point de vue sont visiblement pourtant très proches de ceux d'Alain 1.]

 
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