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01/10/2011

Entendons-nous. Indignons-Nous. Baisons-les.

Nombre de militants de Gauche; de ceux qui ne conçoivent celle-ci qu'avec de longues canines zacérées et un long couteau putain d'affûté entre ces dernières; semblent quelque peu réticents à l'idée de pleinement s'engager auprès des nombreux groupes d'indignés qui ont fleuri, un peu partout, ici et tailleurs, ces derniers mois.

Il faut reconnaître que cette indignation là, dans son mode de fonctionnement, dans ses principes fondateurs même, échappe littéralement aux grilles de lecture que ces vieux briscards de la Lutte ont eu l'habitude d'employer jusqu'ici.

Et que lorsque l'on a baigné dans les organisations ("les orgas") politiques les plus "classiques", il y a de quoi être dérouté, de prime abord.

Parce que l'on peut avoir l'impression, après pareil trempage prolongé, qu'il n'y en a point d'organisation, justement. Chez les indignés.

Pas plus qu'il n'y aurait de ligne à suivre, à l'inverse de celle de ce bon vieux parti (quel qu'il soit) auquel on appartient. Et qu'on aime bien, parce qu'on est carrément trop bien d'dans. Comme dans un vieux pull. Pareil. Qu'il est même vachement confortab', en sus, pour affronter les frimas de l'hiver social qui nous est tombé sur la gueule depuis de longues années, déjà.

"Alors bon, aller courir sur les places publiques, à moitié à poil, pour créer l'évènement façon "happening politique nouveau staïle", non merci, j'ai ma carte du parti et celle du syndicat, j'suis déjà engagé, camarade... Et indigné, ça fait un moment aussi, d'ailleurs."

Et le vieux briscard d'expliquer que l'"apolitisme", au sens large du terme, ou l'"apartisme", non merci, très peu pour lui.

Qu'il n'a pas envie de ne plus pouvoir se "sticker" la veste. Qu'il n'a plus l'habitude, "c't'une question d'équilibre", de défiler sans son sacro-saint drapeau, arborant ses sacro-saintes couleurs, qu'il s'est "battu pour elles toute sa vie, merde à la fin".

Description à peine caricaturale, je te prie de me croire, ami lecteur.

Pour autant, localement, et pour les plus intellectuellement souples d'entre eux, certains de ces combattants là n'hésitent pas à aller poser leur cul sur le bitume avec ces "curieux indignés". Sous le regard étonné de leurs camarades de combââât, parfois, et/ou sous celui réprobateur de leurs chefs de sections et/ou d'union locale, souvent.

Et c'est bel et bon ainsi.

Parce que le mouvement des indignés doit perdurer. Quoi qu'en pensent certains vieux casses-couilles psycho-rigides zencartés. Et malgré les média qui tentent de les faire taire à grands coups de reportages sur les déboires extra-conjuguaux du FMI CHIEF même pu présidentiab', et malgré la flicaille qui essaie, également, de les réduire au silence, à grands coups de tout ce que tu veux, dans la gueule. Parce que ces tentatives de censure, quelles que soient leur forme, sont le signe que ce mouvement, indéniablement, chie dans les droites bottes du Pouvoir.

 

 

Parce que même s'il venait à s'éteindre, puisque visiblement bien en peine de réellement embraser les divers couches de la société socialement pressurisée, il aura eu le mérite, au moins, d'éveiller certaines consciences. Et d'amener certains à un relatif activisme, difficilement imaginable, il y a encore à peine quelques mois.

Or, donc, pour qu'une mobilisation plus large ait lieu, il faudra bien que nos vieux briscards sus-cités réalisent que les divergences qui semblent les différencier de ces "nouveaux révoltés" ne sont, pour la plupart, que formelles.

Que les revendications portées par ceux-ci sont, sur le fond, extrêmement proches de celles qu'ils portent eux-mêmes depuis des années. Qu'elles leur sont communes. En exagérant un peu (à peine, allez), on pourrait même dire INTERNATIONALEs, aux vues de la façon dont elles semblent se répandre actuellement.

Et qu'eux les portent avec le peu de réussite qu'on connaît depuis de trop nombreuses années.

Durant lesquelles il a plutôt s'agit, finalement, de tenter de désespérement sauver les acquis sociaux de naguère, plutôt que de se battre pour en conquérir de nouveaux.

Ce qui devrait tout de même les pousser à se remettre en question et à se demander s'il ne serait pas temps, tout de même, de quelque peu sortir des sentiers battus, rebattus, archi-BATTUS.

Parce que les valeurs que défendent ces indignés sont INDENIABLEMENT et INTRINSEQUEMENT DE GAUCHE! Celle qu'on évoquait précédemment, la vraie, qui fait que le grand patron, le gras banquier, son ami, et le trader, leur valet, font sous eux à sa simple évocation. Celle qui manque cruellement, justement, sur le front de la guerre qui nous est faîte à TOUS. Celle qui manque affreusement, justement, pour faire front face à cette bande de margoulins qui sait, elle, qu'unie, elle peut continuer à commettre les pires saloperies jamais rêvées par le plus vicelard des ultra-libéraux.

Une réelle redistribution des richesses, une véritable revalorisation du travail, un contrôle impitoyable de la voracité financière, un minimum syndical ;-D en matière de niveau de vie, qu'il s'agisse d'un toit sur la tête, d'un ventre rempli, d'une santé accessible à tous, d'un accès à l'énergie assuré par la renationalisation des industries qui la produisent, sont autant de revendications communes aux deux factions luttant, séparement pour le moment, contre les vampires qui nous saignent journellement.

A cette fin, il serait sans doute opportun de cesser de regarder les indignés de là-haut, tout là-haut, des incommensurables hauteurs dogmatiques de tel parti ou tel syndicat.

Et de cesser de penser qu'on ne peut soutenir des grévistes si l'"on a pas sa carte", par exemple. Ou que l'on ne peut se rendre à Bruxelles, le 15 Octobre prochain, sans aucun fonds, d'aucun parti.

ILS SONT EN TRAIN DE LE FAIRE! EN ETANT PARTIS D'ESPAGNE, PUTANA DE BORDELOS DE MIERDA!

Mais la prise de conscience, et le profond changement de mentalités qui DOIT, qui DEVRAIT en résulter doit se faire également du côté des indignés.

Continuer de clamer qu'on est "Ni de Droite, ni de Gauche" n'a, non seulement, aucun sens lorsque l'on défend pareilles idées EVIDEMMENT de Gauche, et, surtout, est infiniment dangereux sur le plan politique.

PO-LI-TI-QUE.

Parcequ'il s'agit bien de Politique. Au sens noble du terme.

Et les rapaces qui tournent autour de certains des indignés en ce moment l'ont bien compris, eux qui justement basent l'essentiel de leur stratégie sur cette appel à "rassembler au-delà des clivages habituels".

Dont on a parlé ici. Notamment.

De ces bruns individus très actifs sur le Ternet principalement, pour le moment, et particulièrement  présents sur les pages Facebook de divers groupes d'indignés, qui utilisent quotidiennement ce support. Pages sur lesquelles on croise régulièrement "La Dissidence" de Vincent Vauclin, "Alliance Republique Ethique" ou autres hérauts soraliens, pour n'en citer que quelques uns.

Lesquels trouvent malheureusement une oreille attentive chez une partie des indignés.

Qui refusent d'admettre qu'au nom de la Liberté d'expression, lorsqu'elle est appliquée maladivement, sans discernement aucun, l'on finit par se retrouver entouré d'individus de la pire espèce. Qu'il y a une différence fondamentale entre laisser hurler les loups et les enjoindre à hurler. Alors que ceux-ci, ou à tout le moins ceux qui n'effraient pas trop (le curseur bouge sans cesse, note bien...), beuglent sur toutes les radios, télés et journaux qu'ils sont baillonés!

Ils osent tout, c'est à ça qu'on les reconnait, notamment.

A l'inverse, heureusement et fréquemment, un vieux briscard en avance sur ses camarades ou un indigné plus attentif que les autres finit par leur dire d'aller se faire foutre. Et d'aller propagander plus loin.

Mais plusieurs conditions devront être réunis pour que le mouvement des indignés, en France, ne dérive pas fâcheusement.

D'une part, les partis et syndicats devront accepter de se défaire de leurs vieilles habitudes identitaires (!) consistant à vouloir planter coûte que coûte un drapeau au sommet de la lutte sociale.

D'autre part, les indignés devront parvenir, enfin, à prononcer les mots "Politique", "Militants" et "GAUCHE", verbalisant, une bonne fois pour toutes, ce qu'il font quotidiennement, tant qu'honorablement. Lorsque ces termes désignent leurs actions, il n'y a là rien de péjoratif. Bien au contraire. Une partie des indignés est en train de redonner un sens juste à ces termes, totalement pervertis par d'autres, au fil du temps.

On peut rêver... On doit.

Dans le cas inverse, au mieux, les partis et syndicats continueront d'oeuvrer dans la même relative inefficacité, sur un plan global.

Certains indignés auront acquis certaines expériences, voire une expérience certaine en matière de luttes et de culture politique.

Les petits "fachos", à force que de vouloir ratisser si large n'auront jamais réussi à dégager une ligne suffisamment fédératrice pour s'implanter durablement dans le paysage politique français. Ce qui est bel et bien le cas pour l'instant, le foutoir des forums sur lesquels ils tentent de s'organiser permettant de se faire une idée assez amusante, particulièrement goûtue même, de ce que donne leur stratégie de recrutement "au-delà des clivages Gauche/Droite": Un brave bordel totalement stérile.

Dans le cas inverse, au PIRE, les partis et syndicats continueront d'oeuvrer dans la même relative inefficacité, sur un plan global ET devront faire face à une partie des indignés, qui auront rejoint un parti plus organisé que les autres, sur un plan stratégique, qui aura recruter plus largement. Le Front National, autrement plus dangereux, d'ores et déjà, que les groupuscules folkloriques que l'on croise à longueur de Ternet, s'est positionné sur cet axe là depuis quelques temps...

Choisis ton camp, camarade indigné, et inversement.

Maintenant. Et traîne le moins possible, s'il te plaît.

31/12/2010

Ouais, et bonne année. Pendant qu'on y'est.

Après t'avoir souhaité un "Joyeux Noël. Evidemment" -et comment veux-tu faire autrement?- voici venu le temps des inévitables, des immanquables, des indépassables mais pas tant qu'inusables... :

 

RESOLUTIONS POUR L'ANNEE A VENIR!


Youpi. Tralala.

Ne gâchons point (pas plus que ne cachons), donc, notre joie.

Youpi bis. Tiens, même.

D'autant que cette année (pour qui saura la bien entamer), les séculaires voeux (et résolutions), formulés à cette occasion, auront une toute autre saveur que ceux traditionnellement subis, les (débuts d') années passés:

 


Les vœux de Stéphane Hessel pour 2011 sur Mediapart
envoyé par Mediapart. - L'info video en direct.

Hein?

Alors?

On t'avait prévenu.

Pourquoi donc, alors dès lors, employer ce ton quelque peu blasé, genre "c'est bon, on m'l'a fait plus avec le coup des résolutions (à la con)"?

Pourquoi donc?

Parce que, ..., autant nous sommes ravis, il faut bien le reconnaître, d'enfin transmettre, pour une fois, des voeux un tant soi peu réalistes et sensés, ..., autant, à bien y tout peser, il n'était pas nécessaire d'espérer cette putain de nouvelle "nouvelle année" pour mettre en oeuvre les bonnes résolutions qui y sont exprimées.

Et que même, ça date...

Puisqu'il suffisait, pour ce faire, d'avoir déjà entendu un premier appel, lancé en 2004, en plein mois de Mars (ce qui est audacieux en matière de résolutions pour la "nouvelle année", tu en conviendras aisément), et d'avoir répondu à celui-ci, ou, tout au moins, d'avoir tenté d'en appliquer les BONNES RESOLUTIONS, déjà, à l'époque...



"Créer c'est résister, Résister c'est créer..." - CNR
envoyé par Baptiste_L06. - Regardez les dernières vidéos d'actu.


Et donc de S'INDIGNER. Et donc de RESISTER.

Et force est de constater, bien que ça fasse iéch grave en ces périodes d'optimisme festif universel (et au risque de péter l'ambiance), que, proportionnellement à l'ampleur du masssacre de nos acquis sociaux par la Droite Extrême, peu de citoyens sont sortis de leur léthargie ces dernières années, au final.

Mais soyons fous. Allez.

Ouf au point d'y croire, cette fois. Pour 2011.

 

Parce qu'il n'y a pas d'autre issue.

 

Ouais, et bonne année. Pendant qu'on y'est.

 

Découvrez la playlist Hocus Pocus

 
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