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28/01/2011

Le rassemblement anti-LOPPSI2 comme si tu y étais

L'exceeeeeeeeellente chronique audio de William Gosselin et Sophie Servais, militants de l'AG Nîmes.

Que tu pourras compléter par la lecture de ce billet-ci.

27/01/2011

Réponse de l'insurgé à LA sécuritaire

Les blogueurs de gôche sont vraiment d'incivilisés sauvages, décidément.  Et le Ternet une bien vile immorale fange dans laquelle ceux-ci s'ébrouent, assurément.

Sinon comment expliquer l'acharnement desdits blogueurs à ne pas reconnaître la qualité du fascinant numéro d'équilibriste de l'intervention de Michèle Alliot-Marie, depuis le tollé provoqué par ses propos en date du 11 Janvier 2011, alors même que le Peuple tunisien s'apprêtait à violemment faire choir le dictateur Ben Ali:

«Nous proposons que le savoir-faire qui est reconnu dans le monde entier de nos forces de sécurité permette de régler des situations sécuritaires de ce type.

C'est la raison pour laquelle nous proposons aux deux pays [Algérie et Tunisie, ndlr de Rue89], dans le cadre de nos coopérations, d'agir en ce sens pour que le droit de manifester puisse se faire en même temps que l'assurance de la sécurité.»

Et MAM de s'en tirer quasi-élégamment, bien que chaussée de (très très) gros sabots, d'être contrainte de préciser sa pensée, qu'elle a limpide pourtant.

Mais quoi d'étonnant, dans le fond, que la bande d'arriérés numériques qui peuplent le Ouaib même pas civilisé (et de gôche, de surcroît) ne remette en doute que MAM était, EN FAIT"(...) bouleversée par les tirs à balles réelles contre un certain nombre de manifestants et contre les victimes qui ont résulté de ces tirs".

Ce qui, à l'aune de la déclaration initiale, paraît limpide, stévident. (Mais une explication aide bien, tout de même, tant le blogueur de gôche a mauvais esprit ainsi qu'une fâcheuse tendance a déformer et décontextualiser des propos sans ambiguité AUCUNE, ou si peu. Et pis ta gueule, on t'a dit.)

Au lieu de quoi cette sauvage engeance que sont les webo-trotskystes ont préféré voir, dans le texte ci-dessous, la réelle manifestation d'une sincère volonté de protéger le peuple d'une latente mais tyrannique oppression, en France: 

"Je reviens de Tunisie où j’ai la tête encore pleine de nos libertés, de nos fraternités, je reviens fier, droit comme un i, tête haute, et je me dis que j’ai de la chance de vivre entre deux pays… libres.

Je repense à  la vie avant. Je repense à ce ammar404 ; ce droit le plus élémentaire de naviguer librement sur le net, nous ne l’avions pas. Une dictature finalement, ça ne fait pas dans le détail, on coupe l’accès, point barre. On pense le peuple anesthésié… il était juste en train de s’organiser.

Je rentre donc à  Paris, et je regarde ce que dit la presse, après une si longue absence. Et je suis interpellé par ce Hadopi, je lis, je me documente, et je trouve ça tout de même très limite. Puis je tombe sur un papier qui parle de la LOPPSI. Je lis, je me documente et je trouve que ça commence à faire beaucoup. Mais bon, je suis encore sous l’euphorie, alors je me trouve des prétextes pour ne pas considérer tout ça dramatique. Puis je tombe sur un article sur le CSA qui veut également intervenir sur le web. Je lis, je me documente et je me dis qu’il faut peut être quand même envisager de regarder tout ça de plus près. Je m’apprête à refermer mon journal pour aller effectuer mes recherches sur le net quand je tombe sur l’ARJEL. Je lis, je me renseigne. Je referme mon journal et je me dis que la France a peut-être refusée l’asile à Ben Ali, mais ammar404 est bien en France et il s’est drôlement bien intégré celui-là.
Je résume.

Avec Hadopi on est responsable de son accès internet. Et si quelqu’un s’y connecte pour commettre un délit, c’est le propriétaire de l’accès internet qui est juridiquement responsable. Et vous savez quoi ? La défense n’est possible qu’une fois la sanction mise en œuvre. Ça s’appelle, en droit, une présomption de culpabilité. Présomption simple, c’est à dire qui tombe sous la preuve contraire. Et la preuve contraire, c’est soit dénoncer l’auteur, soit prouver qu’on a tout faire pour l’empêcher, mais qu’on n’a pas réussi. Ça s’appelle une obligation de moyen. Vous n’êtes pas tous informaticien ? Pas de panique, l’état va nous fournir un petit logiciel de sécurité, et ce petit logiciel de rien du tout va surveiller votre trafic sur le web pour censurer les sites dont les contenus sont illégaux.

Ce logiciel, même Ben Ali n’aurait pas osé.

Il manque 404. Ne bougez pas, on a tout prévu. LOPPSI. Il faut lutter contre la pédophilie, nous sommes tous d’accord. Et pour ça, le ministère de l’intérieur communiquera aux FAI une liste secrète de sites à interdire. Il n’y a que des sites pédophiles dans la liste ? On ne sait pas elle est confidentielle on vous a dit. Mais ne vous inquiétez pas, elle sera auditée dans 2 ans. En même temps je suis prêt à accepter ce risque de censure discrétionnaire, parce que ça permet que d’innocents petits enfants ne se fassent plus ignoblement abuser… Quoi ? Comment ça, ça ne change rien ? Ce n’est pas parce que ce n’est plus diffusé sur internet qu’il n’y aura pas pédophilie ? Ben oui, c’est évident. Je suis désolé, mais dans mon autre pays, ça fait dix ans qu’on nous bloque internet pour ne pas qu’il n’y ait d’islamistes, alors pour nous quand on ne voit plus, ça n’existe plus. On a encore quelques mauvais réflexes, désolé. Bien sur que ça ne règle rien au problème et que la pédophilie continuera à exister, sinon à prospérer.

Pendant qu’on y est, on contrôle aussi grâce à l’ARJEL les sites de jeux et on censure ceux qui ne paient pas leurs redevances à l’état français. Le CSA qui lève le doigt aussi et veut pouvoir contrôler la VOD, pour le moment. Mais les élections approchent, et à mon avis les sites qui ne respecteront pas le temps de parole des politiques, censurés.

Et vous savez quoi, ils ont voulu fusionner tout ce petit monde.

Alors moi, je vais vous dire une chose, nous autres tunisiens, nous ne savons peut être pas encore grand chose de la démocratie, mais en revanche on sait comment un régime autoritaire s’installe gentiment dans l’inconscient collectif,  on en connaît les ficelles, les mécanismes, les attributs. Certes, nous ne serons jamais sous la dictature d’un homme en France, mais une dictature est sournoise et peut prendre plusieurs formes, croyez nous. Et l’une de ces formes, c’est aussi la dictature de l’État, la dictature du Système. Mes chers amis du Parti Pirate, il n’est pas très loin le jour où vous devrez agir à partir de la Tunisie. Et vous pourrez compter sur notre coup de main comme nous avons pu compter sur le votre. Car au delà d’être peuple d’un pays, nous sommes tous le peuple de la terre, libre de choisir notre destin, mais il faut choisir.

En France, on pense le peuple anesthésié, mais s’il était en train de s’organiser?"

(Texte de Karim Guellaty.)

Une évidente et criante mauvaise foi qui confirme l'absolue nécessité de civiliser la jungle de Le Ternet, pour qu'enfin, entre autres (joyeuses) choses, soit reconnu le savoir-faire français en matière de lutte contre l'oppression.

Et Fissa, même.

 

26/01/2011

La peur change de camp: le Pouvoir montre les dents!

C'est d'un oeil semi-amusé, semi-révulsé (oui, c'est possible) que chez "Affreux, Sale, Bête et Méchant" nous contemplons les luttes en cours, en cette belle région gardoise, présentement.

Si le mouvement social contre la réforme des retraites a embrasé ladîte région, il est notable que ce n'est là pas le seul effet qu'il eut sur icelle.

Ainsi les braises de cette insurrection qu'a failli venir sont-elles encore brûlantes et de nombreux foyers de contestation restent encore vivaces, auprès desquels il fait bon se réchauffer la couenne contestataire.

Mais, comme nous l'évoquions, il s'agit là d'une simple partie des effets qu'a eu ce micro-incendie social.

Son autre effet notable est la mise en place, depuis, d'une importante présence policière lors de chaque mouvement de contestation, que celui-ci soit d'ampleur ou non (et force est de constater que, malgré la colère provoquée par l'injustice sociale de la réforme des retraites, ceux-ci sont plutôt "ou non").

Amusant, dès lors, de constater la peur qui agite la police dans la région, à chaque fois qu'une soixantaine de personnes, -certes parmi les plus enragées, ce qui ne signifie pas nécessairement les plus dangereuses, m'sieur l'agent, posez ce tonfa, vous m'faîtes peur- fait le déplacement pour mener une action.

C'est ce qu'il se passa le mardi 18 Janvier 2011, à l'occasion d'un rassemblement anti-LOPPSI2, ou la police, la veille, bouclait une partie d'un quartier, lequel abrite le centre de vidéo-flicage surveillance -protection nîmois.

Casqué, flash-ball dégainé, appareil photo armé, aux aguets tel le chien de prairie de base par l'imminence du danger zalerté (Surveillance partout, Liberté nulle part...), l'agent de police est en faction, ainsi qu'en nombre.

Derrière les barrières dressées pour l'occasion.

Dans le hall d'entrée de l'immeuble contenant les locaux du fameux centre de vidéo-flicage surveillance -protection. (N'y réprimant pas un dangereux rassemblement d'individus suspects, que nenni, mais bel et bien l'organisant, pour une fois).

Sur les côtés des bâtiments, plus ou MOINS planqués.

Nombre d'entre eux semblent pris d'une inextinguible soif de "tirage de portraits de gôchiss' ", les flashs crépitent derrière les fenêtres, laissant penser que, même si dans la police ils aiment aussi les soirées diapos, visiblement, celles-ci ne doivent pas avoir pour objet  principal les dernières vacances du collègue René.

Passion a priori partagée par quelques salariées du dit centre de vidéo-flicage surveillance -protection. A moins que la promesse d'une prime  au "nomb' de cliché d' gauchos" n'explique ce soudain amour du "portrait photo"?

D'autant qu'à distance, de nuit, avec des agités permanents comme sujets, c'est pas facile-facile, faut r'connaît'...

Et force est de constater, après avoir pu comparer les deux cas de figure, qu'on vise vachement mieux à bout portant.

Quand bien même il s'agit d'envoyer une substance (moins) volatile (qu'irritante) dans la gueule du premier braillard de gôche venu, pourvu que ledit braillard soit pacifiquement assis (ou même légèrement en contrebas, ça marche aussi).

Expérience gendarmesque à l'appui, réalisée à Anduze, le 21 Janvier 2011, (à 06:21 de la vidéo ci-dessous, pour les impatients et/ou les mordus de recherche et développement en matière de "gaz dans la face"):



manif gare d'Anduze 21jan11

Flics énervés, gazeuse dégoupillées, matraques allègrement utilisées contre des manifestants (comportant un nombre certains d'élus), à l'occasion d'une lutte locale, dont l'objet n'est pas le propos de ce billet. (Mais si cela t'intéresse, il y a des infos ici et . Non, ne me remercie pas.)

Scénario identiquement déroulé, ou peu s'en faut, à Saint-Jean-du-Gard, le même jour (!), lors d'une action initiée par le collectif alésien "Fuckloppsi", qui en prépare actuellement le récit et dont "Affreux, Sale, Bête et Méchant" se fera évidemment l’écho...

Collectif qui signale également que les passsages en rase-motte d'hélicoptères de la gendarmerie se multiplient au-dessus des "habitats hors-normes" en Cévennes, habitats auxquels l’Etat entend bien faire la guerre du bulldozer, appliquant les articles de loi contenus dans cette saloperie liberticidement sécuritaire qu'est "la LOPPSI2".

Présence des ex-RG (le nom a changé, après moultes fusions avec divers services de renseignement/espionnage/flicage. Mais peu importe, dans le fond) et d'un car de CRS, égalementtencorétoujours, au Centre de Rétention Administrative nîmois (tu sais, ces endroits où l'on enferme des étrangers, voire leurs gosses, parce qu'ils ont la criminelle outrecuidance  de ne pas avoir de papiers), le jeudi 20 Janvier 2011.

Ceci à l'occasion d'un rassemblement pour exiger la libération d'Abdel, qui, outre l'outrecuidance évoquée entre parenthèses ci-dessus, a le courage (qu'il convient donc de briser) de MILITER et de ne point se résigner face à tant d'administrative injustice.

Reconnaissons qu'il y a toutefois à cette présence policière , une explication géographique toute simple:
Le centre de rétention se trouve tout contre l'école de police nîmoise, ce qui a de multiples avantages, dont celui de pouvoir envoyer deux ou trois étudiants flicaillons pour des travaux pratiques, lorsque les citoyens ont le culot de manifester pacifiquement leurs désaccords avec les pratiques gouvernementales d'immigration, en vigueur dans leurs pays.

La Justice n'est pas en reste, pour sa part, puisque nombre de militants sont poursuivis, suite au mouvement social contre la réforme des retraites.

Au point que les tribunaux d'Alès et Nîmes n'ont plus de secrets pour nombre d'autres militants qui soutiennent les premiers, conscients du fait que ce genre de rendez-vous leur pend au nez, en notre belle Nouvelle France.

On peut être effaré (au minimum) à travers le récit rapide de ces diverses mobilisations, de la présence massive, voire des intervention brutales tant disproportionnées qu'infondées, des forces de l'ORDRE.

On doit, même. Sans doute aucun.

Mais on peut également se demander si la peur n'est pas en train de changer de camp...

Et couplée à l'indignation que peuvent soulever les méthodes évoquées ici, cette question peut également permettre de se trouver de bonnes raisons de continuer.

Voire d'en rajouter.

 

 

 
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